Le Syndicat national des travailleurs de l’éducation (SNTE) a adressé une lettre au Premier ministre, Abdelmalek Sellal, afin de procéder à l’intégration «inconditionnelle» des enseignants contractuels. Face à la détermination des enseignants contractuels de continuer leur «marche de dignité» vers Alger, et au refus de la ministre de la Tutelle de les intégrer directement, le secrétaire général du SNTE, Abdelkrim Boujenah, a interpelé le Premier ministre afin de mettre fin à cette crise. «On appelle le Premier ministre à intervenir d’une manière urgente pour débloquer cette situation, et rendre justice aux enseignants contractuels en procédant à leur intégration selon les besoins du secteur de l’éducation», a affirmé hier, M. Boujenah, lors d’une conférence de presse tenue au siège de son organisation syndicale à Alger. Ce dernier a imputé la responsabilité de cette crise à la ministre de l’Éducation nationale qui «a pris des décisions arbitraires concernant le concours de recrutement des enseignants, en organisant des épreuves écrites tout en ignorant les textes de lois qui valorisent l’expérience professionnelle et l’ancienneté des diplômes», a déploré M. Boujenah. Celui-ci a tenu à pointer du doigt également les dépassements de certains directeurs de l’éducation à l’égard des enseignants qui ont participé à la marche de protestation, «en les privant de leur salaires», a-t-il regretté. Face à cet état de fait, le conférencier a affiché le soutien absolu des organisations syndicales aux protestataires. En effet, il a fait état de la mise en place d’une coordination nationale des enseignants contractuels, afin de travailler en coordination avec celle des protestataires. «Le SNTE est prêt à entamer une action de protestation si les autorités concernées ne donnent pas une suite favorable à la revendication des enseignants contractuels», s’est-t-il engagé. Il est utile de souligner que la ministre de l’Éducation nationale, Nouria Benghebrit, a fait savoir, jeudi passé que la proposition portant valorisation de l’expérience professionnelle des enseignants contractuels était «acceptable sur le principe», assurant que les résultats des négociations avec la fonction publique seront connus aujourd’hui. En ce qui concerne le concours de recrutement des enseignants qui aura lieu le 30 du mois courant, le SG du SNTE a appelé la direction générale de la fonction publique à revoir les modalités des épreuves. «Il faut examiner les candidats selon leurs spécialités», a-t-il suggéré. Par ailleurs, le même responsable a fait état d’un regroupement syndical qui va rendre public, dans les jours qui viennent, un communiqué commun sur l’introduction des programmes de deuxième génération. Ces syndicats ont mis en question, selon M. Boujenah, le travail de la commission nationale des programmes, «qui travaille dans l’ambigüité», a-t-il lâché.
Samira Saïdj
