Timizart Ils réclament l’indemnisation de leurs biens incendiés lors des affrontements en 2015 – Des habitants de Mira ferment la mairie

Encore une fois, des citoyens ont eu recours à la fermeture du siège de l’APC de la commune de Timizart, dans la daïra d’Ouaguenoun, pour faire valoir leurs doléances.

Cette fois-ci, ce sont les victimes des graves incidents survenus le samedi 22 août de l’année écoulée au nord du village Mira qui ont initié cette action. On se souvient que lors de ces fâcheux événements, des propriétés privées, des véhicules, des maisons et des étables où il y avait notamment des vaches laitières, ont été brûlés et que des familles entières ont fui leurs maisons de peur d’être victimes d’autres dérapages, après avoir été attaquées chez elles par un groupe de villageois revendiquant une parcelle de terrain qu’elles exploitent pendant 50 ans. La raison de ces événements est un contentieux relatif à des terrains dits ’’Biens du village’’ (el mechmel), que chacun des protagonistes revendique, à tort ou à raison, comme sa propriété. Un problème qui dure depuis des années. Tôt le matin donc, ces citoyens ont barré hier l’accès au siège de la mairie aux fonctionnaires. Approché par nos soins pour en savoir plus sur cette action de protestation, Monsieur Azrou Mohand, en sa qualité de représentant de ces citoyens, nous informa que cette fermeture du siège de l’APC est initiée pour crier le ras-le-bol quant à ce calvaire qu’ils vivent depuis plus de 7 mois. «Tous nos biens sont brûlés. Des promesses qui nous ont été faites par Monsieur le wali, le P/APC, les services des assurances agricoles, nous n’avons rien vu jusqu’au jour d’aujourd’hui. Nous sommes déshérités et livrés à nous-mêmes. Je ne comprends pas que pour un événement de moindre gravité à l’image de celui qui vient de se dérouler à Aïn Témouchent où deux maisons ont été brûlées, toutes les autorités locales de la ville étaient venues au chevet des familles victimes du sinistre, ainsi que la presse et les télévisions, alors que chez nous, on nous traine en longueur sans qu’aucune aide à même de nous permettre de replâtrer tant bien que mal nos biens perdus, ne nous parvienne. C’est à n’y rien comprendre !», se désolera notre interlocuteur. Arrivé sur les lieux, le P/APC, M. Mohand Taouchichine, tentera tant bien que mal d’amorcer un dialogue avec ces citoyens en colère dans l’espoir de les convaincre de céder le passage aux employés de la mairie pour ne pas pénaliser les autres citoyens de la commune, mais c’était peine perdue tant la passion l’emportait sur la raison. Le P/APC tenta même de les convaincre, tout en leur expliquant que ce qui devait être fait à son niveau pour les soulager a été entrepris à temps, et en leur proposant d’aller ensemble exposer une nouvelle fois le problème à l’administration, représentée par le chef de la daïra, mais il n’est pas parvenu à faire fléchir la volonté des contestataires. Le grief principal qui est reproché par ces derniers au maire de la commune est de ne pas avoir transmis leurs doléances à qui de droit (la DAS et la mutualité agricole) pour d’éventuelles indemnisations. Selon M. Azrou Mohand, leur cas devrait être classé comme victimes d’un sinistre. Le P/APC a réfuté quant à lui toutes ces accusations en assenant qu’humainement, il avait fait ce qui était en son pouvoir pour apporter son aide à ces victimes, les invitant même à le joindre pour consulter tous les écrits transmis par son administration à qui de droit. Il est allé même jusqu’à leur demander s’ils n’étaient pas convaincus de fermer son propre bureau à lui, mais de ne pas prendre toute la population de la commune en otage par cette fermeture d’un bien (le siège de la mairie) qui appartient à tous les citoyens, mais sans parvenir à leur faire entendre raison. D’ailleurs, le P/APC nous informera, par la suite, qu’il avait tout tenté au moment où les douloureux événements ont surgi, pour au moins acheminer des aides en fournitures à ces citoyens en vue de leur permettre de regagner leurs domiciles. Aide qui se matérialisa en dons de frigos, cuisinières et autres besoins ménagers et cela dans l’urgence. Il nous dira qu’il avait transmis tous les rapports d’expertises aux services concernés par ce genre de situation afin qu’une éventuelle aide soit octroyée aux victimes. Toujours, selon lui, le conflit opposant ce groupe de citoyens au reste du comité du village Mira étant ancien, il avait dès le départ anticipé sur les tragiques événements en tentant d’instaurer un dialogue entre les parties belligérantes dans le but de désamorcer ce conflit latent. «J’ai toujours agi pour le bien de tous les citoyens de notre commune. En cas de conflit avec l’administration, je suis leur porte-parole selon ce que mes prérogatives me confèrent. Je suis à leur écoute. Concernant les revendications de ces citoyens, j’ai la conscience tranquille, car j’ai fait le nécessaire : informer les services concernés par ce genre de situation, tenter d’apaiser les uns et les autres par la dialogue, orienter les victimes, signaler leur détresses. Au delà des rumeurs et des spéculations, les traces de mes écrits sont là pour témoigner que notre assemblée à tout fait pour satisfaire les uns et les autres dans cette malheureuse affaire», nous dira-t-il avant d’ajouter : «Les gens doivent comprendre que quand un conflit oppose des riverains, en tant que maire, je dois rester neutre. Ne pas prendre de position envers tel ou tel clan. À mes yeux, ils sont tous citoyens de la commune, donc ils ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. C’est notre ligne de conduite. Cela ne nous empêchera pas d’apporter des solutions chaque fois que cela est possible dans la mesure de ce que nous autorise la loi».

A. S. Amazigh