«Et ça continue !» , c’est ainsi que s’exclama un citoyen bleu de colère devant le portail du siège de l’APC de Timizart, encore une fois fermé par un groupe de jeunes représentants de l’équipe de football d’Abizar, un grand village de la commune. Les raisons de cette énième fermeture sont simples : exiger des responsables locaux de déblayer le stade du village situé dans le lieu-dit Azou (à l’Est d’Abizar), transformé depuis plus de trois ans en décharge par les multiples entreprises ayant des projets à réaliser dans les environs. «C’est le seul endroit qu’ont nos jeunes pour se défouler, pratiquer le sport qui leur sied. Or, chaque entreprise qui vient ici pour tels ou tels travaux ne trouve pas d’entres endroits pour déverser les détritus et autres remblais et résidus de leurs travaux que le périmètre du stade d’Azrou. À la longue, tout cet amas de terres et de chutes entassées sur les rebords du terrain ont fini par transformer le terrain en véritable patinoire, car l’eau n’arrive pas à s’évacuer vers l’extérieur. C’est devenu au fil du temps une véritable piscine à ciel ouvert», nous expliquera le responsable de la jeune équipe de football du village d’Abizar. Il ajoutera : «cela fait trois ans que nous sollicitons les autorités communales pour dégager tous ces entassements et amoncellements des abords du stade, en vain. Des promesses que des engins seront envoyés pour remettre le terrain en état (la dernière remonte à la semaine précédente) nous ont été à chaque fois faites, mais sans être concrétisées sur le terrain, l’on continue à nous trainer en longueur. Or, ce stade nous est indispensable. C’est le seul moyen de loisir que nous procédons. Comme chacun le sait et à commencer par les autorités locales, il nous sert aussi à organiser, chaque année, les tournois d’inter-villages de la commune. Partant, on ne comprend pas pourquoi cette lenteur à réagir pour rendre ce petit stade fonctionnel ? C’est justement ce laisser-aller qui provoque notre ire et nous pousse à user de ce moyen (fermeture de la mairie) pour faire valoir nos doléances». En attendant et encore une fois, le citoyen se trouve otage des raisons (ou des torts ?) des uns et des autres. Impuissant, il prend son mal en patience. «Cela devient lassant ! Il ne se passe plus un mois sans que cette mairie ne soit fermée par tel ou tel groupe et pour telle ou telle cause. Les gens, en vérité sont blasés par de telles conduites qui les pénalisent injustement», commentera pour nous un autre citoyen rencontré sur les lieux avant d’ajouter : «observez par vous-même la scène qui frise l’ahurissement. Il suffit d’un groupe de dix jeunes, d’une simple étoffe de tissu sur laquelle on inscrit avec un marqueur le mot ‘’fermé’’ et qu’on accroche aux barreaux du portail de la mairie pour que toute la commune se retrouve paralysée. C’est ce que je nommerai moi du surréalisme. Les gens sont tellement fatigués qu’ils ne cherchent même plus à savoir pour quelle raison le siège est bloqué ou qui l’a fermé. On se contente de regarder de loin, de hausser ses épaules et passer son chemin tellement la chose est devenue banale. Signe de fatigue et de lassitude qui en dit long sur l’état d’esprit des citoyens : ailleurs, cela se nomme indifférence».
A.S. Amazigh
