À la faveur du printemps, Béjaïa s’éveille et sa culture fleurit. À partir d’aujourd’hui, mardi, les couleurs de la ville vont prendre un éclat particulier, avec l’organisation d’événements culturels et artistiques particuliers.
Cette période de début de printemps est aussi le moment qu’a choisi l’université de Béjaïa pour organiser, en collaboration avec ses différents clubs scientifiques, une série de manifestations culturelles et scientifiques festives. Les campus d’Aboudaou et de Targa Ouzemour organisent, à partir d’aujourd’hui, des journées dignes de la réputation de la région. Les étudiants ont ainsi pris les choses en main pour aller au-devant de leurs camarades, mais aussi de la population qui est invitée à participer à cet événement, pour animer les campus et donner vie à l’expression artistique et culturelles des étudiants et de leurs partenaires. Un des événements phares de cette manifestation, nous a-t-on dit, en parallèle avec de nombreuses autres activités, consiste en une parade des étudiantes en tenues traditionnelles kabyles. Pour les organisateurs, il s’agit de réaffirmer notre identité amazighe dans la fierté et avec élégance, sans chauvinisme ni provocation. Notre patrimoine culturel ne s’arrête pas à la poterie et aux bijoux en argent, il s’étend à tous les autres domaines, dont les arts culinaires et le vêtement. Ibn Khaldoun n’avait-il pas dit que le berbère se distingue par deux particularités dans le monde : «Il mange du couscous et s’habille en burnous». Une belle formule qui résume à elle seule la richesse et la variété de notre culture qui s’occupe à la fois des choses intérieures et de l’aspect extérieur. De son côté le théâtre régional de Béjaïa continue sa programmation avec la présentation, aujourd’hui, dès 17h30, de la pièce intitulée Malik El Madina, avec Boualem Zeblah et Mohamed Lefkir. De nombreuses autres activités sont également prévues, ces jours-cis, à la faveur d’événements précis en relation avec le 16 avril, officiellement appelé Youm El Ilm, et le 20 avril qui commémore les événements du Printemps berbère, le début de la libération de notre identité millénaire, trop longtemps mise sous le boisseau. Même si la scène culturelle ne bouillonne pas encore comme elle devrait, force est de constater qu’il y a un certain frémissement. Ce qui permettrait de porter la température à son maximum, c’est qu’il y ait de la production d’œuvres nouvelles, aussi bien au théâtre, au cinéma, ainsi que dans toutes les autres disciplines, pour faire sortir la scène artistique locale du marasme dans lequel elle se trouve et la redondance de ses expositions publiques.
N. Si Yani

