C’était au tour de la wilaya de Bouira d’accueillir, hier, au niveau de la Maison de la culture, la seconde rencontre sur «l’influence spirituelle du patrimoine national amazigh». Cette initiative culturelle, qui a pour objet de montrer le lien profond qui unit l’islam et la culture amazighe à travers notre histoire, est partie de Tizi-Ouzou pour se poursuivre à travers les wilayas à la faveur du mois d’avril dédié à la célébration du patrimoine culturel national. L’occasion a été saisie ainsi par le directeur des affaires religieuses de Bouira et par le wali pour souligner, devant une salle quasi pleine, l’importance d’un tel événement. On notera la présence en force des imams, des maîtres de zaouias, des chercheurs, des professeurs aux côtés des autorités civiles et militaires ainsi que des représentants du ministère des Affaires religieuses. Prenant la parole, le responsable des affaires religieuses a, d’emblée, mis l’accent sur le rayonnement culturel de la wilaya de Bouira, rayonnement qui a débordé au-delà de nos frontières, grâces à ses érudits dont le savoir est enfermé dans des ouvrages qui enrichissent les plus prestigieuses bibliothèques du Magrheb et même du monde arabe. Parmi les plus illustres d’entre ces esprits, l’intervenant a cité Abderahmane El Gharoumi et Nasrellah M’Chedelli, dont les travaux ont fécondé la recherche et contribué ainsi à la modernité de notre pensée. La commune de Guerrouma porte aujourd’hui le nom du premier et celle de M’Chedallah celle du second. Mais, notre histoire est également riche d’autres exemples qui illustrent cette période qui a connu un grand essor civilisationnel depuis l’arrivée de l’islam en Afrique du nord, selon l’intervenant. Ainsi, la culture amazighe ayant adopté et assimilé l’islam, nos traditions s’en sont fortement imprégnées de sorte que nous retrouvions dans nos chants, dans nos récits, dans nos contes, dans nos poésies et nos proverbes tout un enseignement inspiré de l’islam. La preuve de ce rayonnement culturel s’est fait sentir jusqu’en Espagne, donnant ainsi naissance à la plus belle des civilisations que le monde a connues. C’est pourquoi, dira, en guise de péroraison, le responsable du secteur des affaires religieuses, un retour aux sources est-il nécessaire dans un souci de renouer avec nos traditions, et comme dira le wali qui intervenait à son tour, faire le lien entre le présent et le passé. «L’islam circule dans nos veines et imprègne quotidiennement chacun de nos actes», développera-t-il pour mettre en évidence ce lien qui cimente notre unité depuis des siècles. Il évoquera «les services rendus par nos ancêtres à l’islam qui l’ont adopté et porté aux bout de leurs épées pour le défendre contre ses ennemis». Il rappellera aussi les travaux qui constituent aujourd’hui «un enrichissement pour nos bibliothèques». L’intervention s’achevait sur «l’obligation de réhabiliter ce patrimoine menacé par le temps et l’oubli», de «revenir aux sources», seuls moyens de «réaliser notre cohésion sociale, notre unité nationale». La journée verra de nombreuses communications sur nos racines qui pour plonger encore plus loin dans le temps, n’en tiennent pas moins dans l’islam au point que nos traditions en portent profondément l’empreinte. Citons celles de Khaled Agoune, de l’université de Tizi-Ouzou (Proverbes populaires amazighs et influences religieuses) de Kadi Khalil de l’université d’Alger (Contribution de la Kabylie dans la production littéraire) et d’autres encore, tout aussi intéressantes les unes que les autres et faisant toutes ressortir les attaches profondes liant l’islam à notre patrimoine culturel amazigh, qui plonge ses racines si loin dans le passé. Ce qu’il faut ajouter pour être exhaustif, c’est que ces conférences sur notre patrimoine et l’islam ont été suivies de débat et que l’université de Bouira a tenu un colloque sur le même thème.
Aziz Bey
