Le président de la République, à l’occasion du 1er mai, fête des travailleurs, prononcé un discours lu par M. Mohamed Benamar Zerhouni, conseiller à la présidence de la République. Le chef de l’Etat a affirmé : « La fête du travail intervient cette année après l'adoption de la constitution amendée qui a donné lieu à l'adaptation de la Constitution du pays aux changements survenus au sein de notre société et aux nouveaux enjeux induits par les mutations profondes sur le plan international.
La Constitution amendée nous permettra de parachever le processus des réformes initié ces dernières années au plan politique, en poursuivant la consolidation de l’Etat de droit et de justice, le renforcement des garanties de protection des droits et des libertés du citoyen, la consécration du pluralisme politique et des droits de l’opposition et de l’alternance démocratique». Le chef de l’Etat a insisté sur «l’acquis politique qui nous procure aujourd’hui l’opportunité d’appréhender une nouvelle étape sur la voie de l’ancrage de la démocratie et la consécration des fondements de notre identité et de notre modèle de développement». Poursuivant son discours il a dit : «Alors que nous traversons une conjoncture économique imprégnée des retombées de la crise économique mondiale générée par la baisse des taux de croissance de certaines économies émergentes et le recul considérable des cours du pétrole à l’échelle mondiale, je considère que notre célébration de la fête du travail cette année est synonyme, pour les forces vives du pays, d’un départ pour faire face à l’impact néfaste de cette crise, préserver la dynamique de croissance issue des programmes de développement socio-économique successifs et enfin promouvoir la promotion de l’emploi et la lutte contre le chômage». Il a en outre insisté en disant que «l’année 2015 aura été cruciale dès lors qu’elle a permis à nos forces vives de conforter leurs acquis et de donner un souffle nouveau à l’effort national en dépit des entraves internes et externes qui se dressent devant le développement économique et social dans notre pays». S’adressant au travailleuses et travailleurs, il leur dit : «Grâce à votre volonté et mobilisation et avec l’aide de Dieu, nous avons pu durant ces dernières décennies, concrétiser d’importantes réalisations, en l’occurrence la transformation de nos ressources naturelles en hydrocarbures et nos ressources humaines en un potentiel de production tant dans les secteurs public que privé et en de nouvelles capacités de progrès social. Ces réalisations concrétisées à la faveur d’un effort d’investissement colossal ont contribué à l’édification des infrastructures de base indispensables au développement socio-économique. Il nous est désormais permis d’aspirer, et c’est là une aspiration légitime, à l’édification en un court laps de temps, d’une économie productive, diversifiée et compétitive. Cependant, il nous serait impossible d’aspirer à une économie productive, diversifiée et compétitive si nous ne nous intéressions pas à la promotion et au développement de la production nationale. Notre aspiration se concrétisera véritablement par la promotion d’exportations en plus des hydrocarbures et le renforcement de notre indépendance économique (…) Par ailleurs, la promotion de l’économie nationale implique un saut pour nos entreprises de manière à pouvoir reconquérir le marché national. Il s’agit là d’une revendication clamée par l’UGTA, que nous remercions d’ailleurs, à travers sa mobilisation pour davantage de production et de consommation du produit local. Cette tendance intervient en un temps opportun pour consacrer le principe de la préférence nationale en accordant la priorité au produit national dans les marchés publics lorsqu’il est disponible et répond aux critères requis». Le président de la République a mis l’accent sur «les capacités de nos forces ouvrières, soucieuses de la sécurité de l’économie du pays, se doivent d’appuyer et de renforcer nos politiques de développement pour se libérer complètement de leur dépendance aux hydrocarbures. Depuis quelques années déjà nous avons adopté la stratégie de préservation des équilibres macro-économiques, le paiement anticipé de la dette extérieure, la formation des réserves de change aux fins de pouvoir résister aux fluctuations potentielles au plan économique mondial. Cette politique vigilante nous permet aujourd’hui de contenir les effets de la crise financière mondiale en faisant face aux retombées du recul des prix du pétrole». Le Président poursuit en disant : «la maîtrise de nos équilibres financiers et économiques en cette conjoncture difficile que nous traversons actuellement à l’instar de tous les pays producteurs de pétrole, ne nous laisse d’autre choix que celui d’opter pour la rigueur dans la gestion des fonds publics et l’utilisation de nos ressources naturelles et la poursuite et l’approfondissement des réformes économiques structurelles en cours. Cependant, cette rigueur doit être assortie de choix qui préservent, autant que possible, nos principes sociaux et notamment le maintien du niveau de vie des catégories aux revenus modestes. A cet effet, la Constitution récemment amendée prévoit des garanties substantielles quant à l’engagement de l’Etat à préserver ses choix sociaux». Le chef de l’Etat à par ailleurs mis l’accent sur «l’ensemble des secteurs économiques, industrie, agriculture, pêche, énergie, tourisme, technologies de l’information et de la communication, qui se doivent de relever ce défi et contribuer, plus que jamais, à la réalisation de cet objectif si important tant par la mobilisation des potentialités économiques nationales que par le recours au partenariat international pour sa contribution». Le président de la République à en outre insisté sur «l’unification de nos efforts, l’engagement de tous sur la voie du renouvellement, la compétitivité des entreprises, le rendement des travailleurs et le climat propice à l’investissement, nous pourrons accélérer le développement de notre économie en lui conférant une ambition industrielle qui soit à la hauteur des défis auxquels elle fait face. Permettez-moi, dans ce contexte, de saisir cette occasion pour lancer un appel à l’ensemble des travailleuses et travailleurs à consolider leur soutien à l’effort national consenti en vue de réaliser les objectifs du pacte national économique et social de croissance. Aussi, j’exhorte tous les partenaires sociaux et économiques dans le cadre de cet espace institutionnel national de concertation et de dialogue, à y adhérer afin d’accélérer le processus de réformes économiques et renforcer le développement industriel dans notre pays. Par ailleurs, la constitutionnalisation du Conseil national économique et social (CNES) devrait avoir un impact positif sur le développement dans notre pays, car constituant un espace important pour l’éclosion d’idées et la recherche de solutions. La réunion de la tripartite, prévue prochainement, sera l’occasion d’une concertation autour de la poursuite du développement économique dans le sens de la consolidation de la dynamique enclenchée depuis quelques années en matière de création d’emploi, de baisse du taux de chômage, notamment parmi les diplômés universitaires et de perfectionnement du système national de formation pour être au diapason des exigences en terme de main d’œuvre qualifiée. Cette mobilisation générale doit se faire dans un climat serein permettant de relever les défis et de concrétiser les engagements dans le domaine économique».
Sadek A. H
