Les élèves de l’école primaire d’Aït Hichem, un village de la commune d’Aït Yahia, n’ont pas pu accéder à leurs classes comme d’habitude, dimanche matin. À leur arrivée dans l’établissement, les enseignants n’ont pas pu ouvrir les portes des classes, tout comme celles de l’administration et de la cantine dont les serrures ont été bouchées, durant la nuit. Lors de notre passage sur les lieux, les enfants profitaient de cette récréation inespérée et leurs enseignants attendaient dans la cour l’arrivée des autorités et de la gendarmerie. Les fournisseurs de la cantine en denrées alimentaires ont rebroussé chemin, ne pouvant décharger, dehors, leur marchandise. À dix heures, les gendarmes sont arrivés à l’école pour les constatations d’usage. Ce n’est qu’après leur départ que les parents qui se sont déplacés pour s’enquérir de la situation, ont forcé les serrures et brisé les cadenas de la cantine et autres. Les parents sont outrés par ce genre de sabotage qui «tend à se répéter, sans que personne ne lève le petit doigt», disent-ils. Monsieur Meddahi, le président de l’association des parents d’élèves, nous informe que de tels incidents deviennent fréquents, en l’absence de gardiens. «Au retour des vacances, nous avons constaté que l’établissement était devenu une beuverie, lors de l’absence de nos enfants. Il est vrai que la mairie nous a affecté un agent, pour la journée, seulement. Mais l’école est vouée au premier venu, à partir de dix-sept heures et durant tout le week-end. Ce qui laisse libre champs à tout individu mal intentionné», dit-il. Selon des parents, cette école qu’ils appellent «Lakoul Bwada», comme lors de son ouverture, vit de nombreux problèmes. Ils signalent que, malgré l’arrivée du gaz naturel dans le village, l’école n’en est pas encore pourvue. «C’est l’association qui a pris en charge, financièrement, l’installation intérieure et elle attend toujours son raccordement au réseau de distribution. Les élèves se chauffent toujours avec des poêles à mazout dont une partie nous a été prêtée par les APC d’Aïn El Hammam et d’Abi Youcef», ajoute notre interlocuteur. Notons qu’en raison de cet incident de dimanche dernier, les élèves ont dû se contenter de repas froids, et que c’est l’association des parents d’élèves qui a «fourni le pain, à cause de problèmes avec le fournisseur». Nous n’avons pu entrer en contact avec la directrice de l’établissement du fait qu’elle se trouve en stage de formation.
A. O. T.
