Trois brebis déchiquetées à Cheikh El Left

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Un éleveur affolé du village Cheikh Left nous a approchés, cette semaine, pour nous faire part d’une manifestation d’une meute de chiens errants qui sème la panique dans la commune d’Ahnif, depuis plusieurs années. D’ailleurs, cette meute composée d’une quinzaine de chiens s’est attaquée aux brebis de cet éleveur dont trois ont été lacérées et déchiquetées dimanche matin. Ces chiens errants se sont déjà attaqués, il y a deux ans de cela, au cheptel d’un éleveur de caprins et ont dévoré plusieurs chèvres. La nouvelle victime qu’on a accompagnée sur les lieux de l’incident en compagnie d’un vétérinaire, était terrorisée du fait que non seulement cette meute s’est attaquée à son cheptel mais elle continue à roder dans les parages et constitue une véritable menace pour les citoyens, notamment les écoliers du primaire et du moyen qui empruntent un chemin isolé entre cette agglomération et le chef-lieu de commune où ils sont scolarisés. Joint par téléphone, le maire d’Ahnif, monsieur Saoudi Djamel, a promis d’envoyer en urgence sur les lieux les agents du service d’hygiène et un vétérinaire pour prendre les mesures qui s’imposent. Mais malheureusement, le même éleveur vivement inquiet prendra de nouveau attache avec nous en fin d’après-midi pour nous affirmer que personne n’est venue. Il y a lieu de souligner que ces meutes de chiens errants qui défrayent la chronique depuis plusieurs années dans la région, ont aussi décimé deux troupeaux d’ovins à Raffour à quelques encablures d’Ahnif dans la commune de M’Chedallah il y a deux ans de cela. Dans le premier enclos, ils ont tué 14 brebis adultes, dans le second ce ne sont pas moins de 21 agneaux qui ont été éventrés et à moitié dévorés. Il y a lieux de souligner que ces bêtes errantes poussées par la famine, présentent un réel danger même pour les citoyens notamment depuis la délocalisation de la décharge publique de M’Chedallah, située entre les deux chefs-lieux de commune de M’Chedallah et d’Ahnif en bordure d’Assif N’Sahel, il y a quelques huit mois vers le CET d’Ahnif qui a été mis en service. Cette décharge est l’endroit où les chiens trouvaient assez de nourriture par le passé mais depuis sa délocalisation, ils font face à la famine qui les pousse à s’attaquer au cheptel. Les multiples campagnes d’abattage de chiens errants organisées dans la plupart des communes de la daïra de M’Chedallah ont été menées de manières bâclées, car elles étaient plus destinées à calmer l’opinion publique et la presse locale qui se fait de plus en plus pressante sur ce volet. D’ailleurs, ces chiens errants sont toujours là et leurs meutes augmentent en nombre sachant que la plupart sont des femelles qui donnent naissance à une nichée d’un minimum de 06 chiots à la fois à raison de 04 portées par année. Un phénomène qui a fini par prendre les proportions de véritable fléau sur lequel butent les communes qui s’avèrent incapables à l’éliminer.

Oulaid Soualah

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