Avant-hier, à Tizi-Gheniff, dès les premières heures de la journée, des centaines de personnes étaient regroupées dans les deux sites où était prévue la remise des clés aux bénéficiaires de logements en présence de dizaines de policiers anti-émeutes déployés sur les lieux car des informations faisaient état de résistance des non bénéficiaires. En plus du chef de daïra, du maire et de ses adjoints, il y avait aussi les chefs des services de sécurité (police, gendarmerie nationale), les agents de la protection civile, les représentants de l’OPGI et les agents de la Sonelgaz.
À la cité HLM, datant de l’ère coloniale, il était prévu de remettre les clés et les décisions à soixante-quatre familles. Cependant, les exclus des listes ont exprimé leur refus catégorique de quitter les lieux et ont insisté pour que l’opération de démolition n’ait pas lieu. Même si les responsables présents sur place ont tenté de les raisonner, ces personnes ont empêché la suite de l’opération si bien que le chef de daïra et le maire de peur d’envenimer la situation ont préféré différer cette opération à une date ultérieure. « Les listes ont été révisées plusieurs fois. Une commission de wilaya a été dépêchée sur les lieux et a mené des enquêtes.
Et ce n’est pas aujourd’hui que nous allons annuler l’opération », nous dira un adjoint au maire. Par contre, dans le deuxième site où sont réalisés 100 logements, il n’y eu aucune contestation. Les clés et les décisions ont été remises aux bénéficiaires dans une ambiance festive et bon enfant ponctuée par des youyous à chaque fois qu’une famille pénètre le seuil de son logement. « C’est le jour de l’indépendance pour toutes les familles de la cité du stade. Nous avions vraiment souffert durant cinquante-sept ans. On a cohabité avec les rats, les reptiles, les moustiques et les bestioles diverses. Dieu merci, aujourd’hui, nous avons des logements neufs », nous dira une femme d’un certain âge agitant le drapeau algérien.
Durant plusieurs heures, c’est le même décor qui s’offrait aux yeux. Des camions faisaient des va-et-vient entre la cité du stade et les logements attribués. Parce qu’ils sont nombreux ceux qui sont pressés d’occuper ces appartements de crainte d’être squattés par des tierces personnes. Cependant, avant la fin de la remise des clés au niveau du deuxième site, le chef de daïra, M. Aissa Zoubir El Bey nous apprendra que certains bénéficiaires au niveau du premier site ont changé d’avis et accepté les conditions posées à savoir la démolition des habitations. « L’opération a finalement eu lieu sans aucun heurt.
Au début, il y a eu des obstacles de la part des personnes qui se sentaient lésées mais ensuite tout s’est déroulé le plus normalement du monde. Je dirai encore une fois à ces personnes que les portes sont toujours ouvertes et qu’ils peuvent déposer leur recours à la wilaya. Par ailleurs, on donnera un peu de temps aux bénéficiaires d’occuper leurs logements avant de passer à la démolition systématique des deux cités en question. Ainsi, on aura fini avec les cités de recasement », enchaînera le chef de daïra. Concernant les logements sociaux, il dira: « Nous avons actuellement 49 logements prêts et 12 autres à 90% d’avancement ». Il est à signaler que ces logements ont toutes les commodités (eau, gaz, électricité), aménagements extérieurs et éclairage public.
A. O.

