Tizi-Ouzou Ath Oumeziane – Nouas Ameziane, l’ambitieux artisan

Nouas Ameziane perpétue le métier de ses aïeux transmis de génération en génération depuis au moins soixante-dix ans. Un métier, dont excelle jalousement la majorité des habitants de son village natal, Ath Oumeziane, au Sud-ouest du chef-lieu de Tizi-Ouzou, qui, comme le rapporte le jeune Nouas, aurait été appris par un des villageois en prison, lequel l’avait transmis par la suite aux siens. Depuis son adolescence, il accompagne son grand-père qui l’initiait, petit à petit, à la fabrication de paniers et autres ustensiles de cuisine avec de l’osier. Par la suite, il a carrément abandonné les études pour se consacrer, bec et ongles, à l’artisanat. Il gagne, d’ailleurs, bien sa vie. Depuis 2006, il est devenu artisan agréé par l’Etat et occupe un atelier de fabrication à la nouvelle-ville de Tizi-Ouzou. Dans son «petit laboratoire» où il nous a reçus modestement, on trouve exposés différents ustensiles de cuisine magnifiques et excellemment finis. Cet artisan n’a pas du tout de problème de vente, étant donné qu’il mise sur la qualité et non pas la quantité. Il n’a également pas d’inconvénients en ce qui concerne la livraison, puisque ce sont les clients, eux-mêmes, qui viennent chercher leur marchandise. Nouas se plaint plutôt du manque de la matière première, l’osier notamment, en Algérie. Il explique : «Mon grand-père s’approvisionnait de l’osier dans les oueds environnant. Mais actuellement, il n’en reste plus rien. Je suis, parfois, obligé d’attendre trois, voire même six mois, pour recevoir cette matière première nécessaire pour la fabrication de mes objets. Je l’importe de l’Espagne».

Djemaa Timzouert