Ighzer Oufarnou est une localité du village Tihmilt dans la commune de Melbou.
Les demeures qui le forment et qui abritent plus d’une quarantaine de familles, sont situées de part et d’autre de la route menant vers la commune de Tamridjt. Ayant fui le terrorisme dans les années 90, les habitants avaient bâti à la hâte leurs maisons sur des terrains forestiers. Bien qu’ils aient bénéficié récemment d’un réseau AEP, le projet d’électrification de leurs maisons tarde à arriver. Ils ne peuvent même pas regagner leurs anciennes maisons car, ces dernières, abandonnées depuis une vingtaine d’années, sont en ruines. «Avant le début du terrorisme, nous vivions déjà misérablement dans des contrées éloignées appartenant aux villages de Laâlam, Aït-Felkaï, Ighzer Ouftis et autres… sans route ni électricité. Au milieu des années 90, sous la pression des incursions terroristes et pour avoir la vie sauve, nous avons été obligés de quitter ces hameaux et de descendre vers cet endroit. Aujourd’hui et vingt ans après, nous vivons toujours misérablement !», nous dit un des habitants qui, pourtant, est un patriote qui a combattu le terrorisme. Pour s’éclairer, les habitants se débrouillent comme ils le peuvent. Des particuliers, éloignés des fois de plus de 600 mètres, ont accepté de les aider en leur permettant des branchements à partir de leurs réseaux domestiques. Un seul branchement est, parfois, partagé par plusieurs maisons ! Sur place, on a pu constater des fils électriques qui survolent la forêt et l’Oued Agrioune, ce qui pourrait constituer un danger avéré en cas d’accidents qui induiraient la section d’un des fils. «Nos enfants révisent leurs cours à la lumière des bougies, à cause des chutes de tension. Nous ne pouvons même pas regarder la télévision ni profiter des bienfaits de nos réfrigérateurs, et cela dure depuis plus de 20 ans», nous ont fait part les quelques citoyens de cette localité. Les habitants ne comprennent pas où réside le blocage. Pourtant, en mars 2014, l’APW de Béjaïa avait alloué une subvention grevée d’une affectation spéciale d’une somme de Treize millions cent cinquante sept milles cinq cents (13 147 500) de Dinars pour l’électrification de cette zone. En mois de septembre 2015, selon une attestation de versement, la commune de Melbou a versé au profit de la société de distribution d’électricité (SDE) une avance d’une somme de 6 578 765. 47 DA dans le but d’entamer ce projet mais depuis, rien ne s’est concrétisé sur le terrain. «Nous remercions l’APW et l’APC de Melbou pour les efforts fournis dans le but de régler notre problème, mais jusque-là nous n’avons rien vu sur le terrain et nous continuons à souffrir grandement !», rajoute le président de l’association représentant cette localité. Les habitants dénoncent énergiquement cet état de fait et appellent les différentes autorités de la wilaya, à leur tête, M. le wali, à se pencher sérieusement sur leur cas, car leur quotidien devient insupportable.
Saïd M.
