Un marché est, par définition, un lieu public où on vend des denrées, des vêtements, des objets divers, mais le plus souvent des denrées alimentaires. C’est d’ailleurs le sens que le mot kabyle, amarchi, ou arabe dialectal lmarchi, tous les deux empruntés au français, ont en Algérie. En principe, la loi oblige tous ceux qui travaillent dans le domaine de l’alimentation à respecter des règles d’hygiène : ils doivent veiller non seulement à la fraîcheur des produits vendus mais aussi à la propreté où la vente se fait, ceci dans un but de salubrité publique. Or que sont nos marchés ? Des capharnaüms où s’entassent, sur des étals ou à même le sol des monceaux de légumes et de fruits, à côté d’autres objets de large consommation, notamment des vêtements. Il y a les marchands d’herbes, les vendeurs de volailles vivantes qui remplissent les lieux de leur caquetage assourdissant, il y a les vendeurs de galette et de crêpes qui exposent leur marchandise dans des couffins à la propreté douteuse… On voit même, en cette période, des marchands de grives, qui proposent, enfilés par douzaines, les volatiles attrapés on ne sait comment ni où, alors que les autorités, fièvre aviaire oblige, mettent en garde contre les oiseaux migrateurs… Quand il pleut ou qu’il a plu, beaucoup de marchés se transforment en mares ou en bourbier : cela n’empêche pas les marchands de mettre leur marchandise à la vente ni les clients d’acheter ! Les autorités chargées de la gestion des marchés ne peuvent-elles donc pas intervenir pour… assainir ces marchés ? Il va de soi que le verbe s’entend ici au sens propre…
S. Aït Larba
