“Ce que nous comptons faire…”

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À la tête de l’exécutif communal (FFS – RCD – Indépendants) de l’APC d’Aïn Zaouïa, M. Merzouk Haddadi, élu d’une liste indépendante lors des dernières élections municipales de novembre 2012, revient dans cet entretien sur les quatre ans de gestion de son équipe. C’est avec un pincement au cœur que je le dirai. En dépit des efforts que nous consentons quotidiennement, nous constatons que l’état de notre environnement attend toujours son amélioration.

La Dépêche de Kabylie : Pouvez-vous nous faire tout d’abord la présentation de cette commune que vous dirigez depuis maintenant près de quatre ans ?

Merzouk Haddadi : Aïn Zaouia est issue du dernier découpage administratif de 1985. C’est une municipalité à vocation purement agricole quand on sait que sur sa superficie de 56 km2, il y a un total de 5 688 hectares agricoles dont 2 211 hectares sont cultivables (céréales et cultures maraîchères). Et en plus, il y a une petite industrie qui se développe avec 39 unités de production de poterie autorisées et 35 autres non autorisées, en plus d’une unité de plastique et aussi une unité s’étalant sur un hectare non exploitée. Sa population s’élève à 17 352 habitants répartis comme suit : 6 000 au chef-lieu et le reste en zone rurale, notamment, dans le versant de Boumahni qui compte 16 grands villages et plusieurs hameaux. Elle possède 9 écoles primaires, 2 CEM et un lycée mis en service en septembre dernier.

Parlez-nous du parc immobilier ?

Dès notre installation, nous avons consenti d’énormes efforts pour livrer les projets, notamment le RHP, afin de reloger les familles sinistrées du glissement de terrain d’Ikouvaâne. C’est, d’ailleurs, chose faite. Le centre-ville voit une extension remarquable. Actuellement, nous avons 40 logements LSP, 98 logements sociaux déjà occupés par leurs bénéficiaires sans qu’il n’y ait aucune contestation notable, 85 attribués qui le seront incessamment et 40 logements du programme RHP en cours. Nous avons aussi 105 unités à lancer. Dans le cadre de l’habitat rural, un millier de logements a été déjà concrétisé depuis 2005, 110 autres en cours d’achèvement et 130 décisions acquises tandis que 250 demandes attendent leur satisfaction.

Au lendemain de votre prise de fonction, quels étaient les défis que vous vous êtes définis ?

Je commencerai par apprendre à vos lecteurs que cette alliance scellée avec les deux partis (FFS et RCD) est basée sur des affinités entre tous les élus, parce que nous avions la même ambition. C’est-à-dire faire rattraper le retard du développement accusé par notre commune. En d’autres termes, c’était de mettre à niveau notre commune sur tous les plans, notamment celui de la gestion et mettre en place une stratégie de développement. Nous avons hérité d’une situation inédite parce que le chef-lieu a été longtemps laissé à l’abandon, notamment en ce qui concerne l’amélioration urbaine. Donc, notre premier défi était de relancer l’opération importante concernant le drainage des eaux pluviales et le revêtement du réseau routier, particulièrement dans les quartiers dits «hauts» qui ont souffert beaucoup plus de cet abandon. Effectivement, au bout de quelques mois, le pari est réussi grâce à la collaboration des services de la Direction de l’urbanisme et la construction. Ainsi, au bout de deux ans, le chef-lieu a changé de look. Il y’avait aussi ce chantier du gaz naturel pour la localité de Boumahni. À notre arrivée à la tête de l’APC, il n’y avait que le chef-lieu communal et quelques villages de sa périphérie qui bénéficiaient de cette commodité. Suite à nos démarches et celles des comités de villages de ce douar que je salue au passage, nous avons pu faire démarrer toutes les opérations inscrites par la Direction des mines et de l’énergie. Aujourd’hui, le projet de la conduite principale est à 90% alors que le réseau de distribution avoisine les 60%. Nous espérons que d’ici la fin de l’année, nous mettrons en service au moins la moitié du projet. Je n’oublierai pas aussi d’évoquer que nous avons pu arracher des opérations au profit des habitants omis, à savoir ceux d’Ihamouthène, d’Iâllalen et de Kantidja.

Est-ce qu’on peut dire que le problème d’alimentation en eau potable est réglé ?

Il est vrai que dans ce volet il y a des perturbations sporadiques qui apparaissent notamment en été mais tout de même, je peux rassurer que les foyers de tension existants ont été atténués à Boukhdar, à Ivouhrame et au hameau Si Lounis, et ce grâce aux opérations réalisées dans ces sites, comme la réalisation d’une conduite d’un milliard de centimes. Nous œuvrons dans le sens à améliorer le réseau de distribution dans les villages qui est dans un état vétuste.

D’emblée, vous avez annoncé que vous avez trouvé une situation inédite. Pouvez-vous être un peu plus clair ?

Effectivement, nous avons constaté dès notre installation qu’il y avait des projets en souffrance. Si vite, et cela grâce au financement de l’État et à celui de la collectivité nous les avons relancés. Ainsi, nous avons finalement mené à terme la bibliothèque communale qui est, aujourd’hui, achevée et dont les équipements sont déjà acquis. La crèche communale, après plusieurs réévaluations financières, est aussi achevée et elle sera mise en service dès septembre prochain, juste après son adjudication qui interviendra incessamment. C’est la même chose pour l’antenne administrative de Boumahni. Par ailleurs, je n’omettrai pas aussi d’évoquer le réseau routier qui, durant nos quatre années d’exercice, a vu une nette amélioration. Deux grands projets ont été concrétisés : le chemin communal Boumahni-chef-lieu communal en béton bitumineux qui permet aux habitants de se versant d’arriver au siège de l’APC dans un temps ne dépassant pas les dix minutes de route et le chemin reliant notre commune à celle de Bounouh qui a été réhabilité après des années d’abandon. Globalement Notre exécutif communal, qui œuvre en parfaite symbiose, a veillé à ce qu’il y ait un partage équitable des opérations entre tous les villages car nous avons travaillé en étroite collaboration avec leurs représentants. Cela, bien sûr, en essayant de combler toutes les insuffisances grâce à leur contribution.

Peut-on dire que ce qui a été annoncé comme programme durant la campagne électorale a été réalisé ?

Il a été largement dépassé. Il se situe au dessus de nos espérances et cela grâce aussi aux autres partenaires qui ont joué le jeu. À titre indicatif, nous avons obtenu trois nouveaux programmes d’une valeur de 70 millions de dinars qui seront consacrés au revêtement en BB de la cité Nord et au gabionnage de l’Oued traversant le chef-lieu communal. Le troisième concerne l’éclairage public et le dallage des trottoirs. Les entreprises sont retenues et elles lanceront les travaux incessamment. Par ailleurs et concernant les travaux publics, nous avons 12 milliards de centimes avec les différents projets retenus dans le cadre du FCCL qui est de l’ordre de 3 milliards de centimes pour la réhabilitation des chemins communaux à Boumahni, à savoir ceux d’Igharviène, de Bouhoukal, d’Iâmriouène, de Tizi Ameur et vers El Mechmel. Sur un autre registre, je vous rappellerai que la commune a bénéficié d’une cagnotte exceptionnelle de la part de la wilaya, utilisée pour l’aménagement des trottoirs au chef-lieu et vers le lycée. Même si des restrictions budgétaires ont été décidées en haut, nous avons pu quand même de notre côté récupérer tous les reliquats restants et utilisés pour différentes opérations.

Peut-être qu’il y a toujours quelque chose qui vous tient à cœur et que vous n’avez pas encore réussi ?

C’est avec un pincement au cœur que je le dirai. En dépit des efforts que nous consentons quotidiennement, nous constatons que l’état de notre environnement attend toujours son amélioration. Nous ne cesserons pas d’agir tant que l’oued qui traverse le chef-lieu communal reste exposé aux multiples pollutions qui font de lui une source de transmission de maladies et que notre commune soit dépourvue d’une décharge publique contrôlée. L’autre point sur lequel j’insiste est que nos efforts sont dirigés afin d’obtenir un projet d’envergure afin de mettre un terme définitif au problème d’assainissement dans nos villages, en rénovant tous les réseaux défectueux et vétustes en dépit des efforts consentis ici et là.

Qu’en est-il de la jeunesse ?

À ce sujet, je vous dirai que nous avons procédé par étapes. D’ailleurs, c’est une attention particulière pour cette frange de la société. Nous avons relancé le club de football de la commune. Nos efforts ont été aussi mis du côté du terrain communal. D’ailleurs, aujourd’hui, il est homologué et nous espérons qu’il sera retenu pour la pose du tartan. Dans les villages, une aire de jeu a été réalisée à Boumahni et nous avons aussi programmé trois autres dans d’autres villages. Je tiens à remercier les membres de notre assemblée qui ont voté une cagnotte de 200 millions de centimes dans le BS pour accompagner le CSA/ AC Aïn Zaouia, sans oublier de remercier aussi le secrétaire général de l’APC qui coordonne comme il se doit l’équipe administrative dans le seul but d’améliorer les missions du service public qui est l’un des objectifs de notre campagne électorale qui se manifestera par la mise en service de l’antenne administrative de Boumahni dès la rentrée. Avant de terminer, je dirai que le défi qui nous reste est d’assurer, à l’avenir, la couverture de nos propres besoins d’autant plus que des restrictions financières nous ont été imposées ces derniers temps mais pour cela, il faudra mettre en place un dispositif qui permettra à l’élu d’assurer cette mission que lui assignent les pouvoirs publics.

On vous laisse conclure…

Tout d’abord, j’ajouterai que nous nous attellerons durant le restant de notre mandat à œuvrer en permanence pour relever d’autres défis. Je remercie l’équipe actuelle pour tous les efforts consentis pour assurer les missions dont elle est chargée, une alliance solide qui, à aucun moment de ces quatre années de gestion collective, n’a été ébranlée en dépit des manipulations externes, car l’intérêt de notre population passe avant tout autre consolidation. Restons unis, personne ne pourra nous déstabiliser. Enfin, je tiens à saluer la collaboration des comités de villages, le mouvement associatif, la société civile et nos partenaires sociaux.

Entretien réalisé par Amar Ouramdane

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