Par Sadek Aït Hamouda
L’université ne peut vivre en vase-clos, ni la communauté universitaire non-plus. Il s’agit d’un milieu forcément ouvert sur le monde de la science, d’échange, de partage, par les publications scientifiques. «L’Algérie n’a produit en 2014 que 58 publications scientifiques», selon l’UNESCO, et cela reste, bien en deçà du minimum requis pour une institution universitaire digne du qualificatif. Le professeur Boualem Saidani, recteur de l’université de Béjaïa, affirme : «Notre université est reconnue pour sa production scientifique. Toutes les thèses de doctorat en sciences et technologie soutenues à l’université de Béjaïa sont un démenti catégorique par rapport aux affirmations de l’Unesco. Et ce chiffre ne vaut que pour la seule université de Béjaïa. Ses thèses, publications et soutenances sont publiées dans des revues scientifiques de renommée internationale de catégorie «A». En 2014, nous avons eu 186 articles publiés». Si l’ont ajoute celles publiées par les universités de Bab Ezzouar, Constantine, Oran, Annaba, Blida et autres, ce chiffre peut aisément être multiplié par dix. Revenons aux publications scientifiques et techniques, l’Algérie a délaissé ce volet pour une meilleure prise en charge des résultats enregistrés in-situ mais qui ne sont pas comptabilisés par l’UNESCO. Plusieurs universités algériennes figurent dans le classement des cent meilleures universités africaines et arabes, selon le « Webometrics Ranking of World Universities ». Ce dernier est une initiative du Laboratoire de Cyber métrique, un groupe de recherche appartenant au Consejo Supérieur d’Investigaciones Cient í Ficas (CSIC), le plus grand organisme de recherche public en Espagne. Les universités algériennes viennent de réaliser un saut qualificatif dans le Classement international des universités du monde 2015 «Ranking web of world Universities» publié le 11 février 2015. L’université Djillali Liabes de Sidi Bel Abbes a obtenu la 1 781ème place dans ce classement totalisant 12 000 universités à travers le monde. Sachant que cet établissement universitaire est classé le premier à l’échelle nationale. L’univesité M’Hamed Bougara de Boumerdes s’est classée au 20ème rang au niveau national sur un total de 83 universités, et 6 539 dans le classement international des universités Webometrics en réalisant une avancée de 5 places par rapport au classement international des universités. Ce dernier se base sur les critères de visibilité de l’université sur le web, de sa production scientifique, de son ouverture à l’international et de la richesse de son contenu.
Mauvais classement des universités algériennes : M. Aourag dément
Pour étayer ses propos, M. Aourag se base sur un classement mondial des performances scientifiques et académiques des universités. «À toute personne qui doute de ce classement, je lui donne le site pour aller voir réellement qu’en est-il du classement de 2011 de l’Algérie?», a-t-il déclaré. Selon lui, il y a plusieurs classements mondiaux des universités et les gens en parlent sans savoir de quoi il s’agit. Entre celui de Shangani, du Times, le classement QS et autres classements de renoms, les critères diffèrent. Il y a les sites web et les critères scientifiques pour déterminer les performances d’une université. Entre les sites web et leurs affairismes et les universités et leurs soucis de rigueur scientifique, il y a un monde. Il faudra savoir séparer le bon grain de l’ivraie et replacer l’université algérienne à la place qui est la sienne, scientifiquement parlant.
S. A..H.
