Les malades souffrent dans l’indifférence

Les insuffisances en matière de prise en charge des malades sont telles qu’il ne se passe pas un jour sans qu’un malade ne se rapproche de nous pour nous confier sa mésaventure. C’est à croire que nous ne penson à nos malades que lorsqu’il s’agit de nos proches. Ces derniers temps, il n’est pas « recommandé » de necessiter une échographie ou une simple radio, si on habite Ain El Hammam. Ceux de l’hôpital de la localité, qui rendaient tant de services à la population est à l’arrêt depuis des mois. Cette situation qui semble perdurer exacerbe les citoyens. Pourtant, dans de nombreux cas, même les médecins de l’hôpital, doivent s’appuyer sur les résultats des radios ou échographie pour établir leur diagnostic. Des radiologues privés existent, certes, mais pas toujours au moment où on a besoin d’eux. Imaginez un blessé évacué sur le service des urgences et qui doit passer une radio. Celle-ci ne peut se faire que chez un privé, installé en ville, à trois kilomètres de l’hôpital. Souvent l’état des malades est si grave qu’ils sont intransportables. Les déplacements peuvent aggraver leur cas. Les parents du patient doivent, alors, se débrouiller un taxi pour l’aller et retour. Dire que le malade vient pour qu’on allège ses souffrances et non pour qu’on lui en inflige d’autres, indirectement. Si par malheur, vous avez la malchance de tomber malade, de nuit ou un jour férié, priez Dieu de vous maintenir en vie, jusqu’au matin d’un jour ouvrable car il n’y a point de radio, à cinquante kilomètres à la ronde. Les privés ont des horaires similaires à ceux des administrations et ne sont pas astreints à des gardes. « Je ne suis pas prêt d’oublier le dernier mardi du mois de janvier où, pour une simple radio de ma mère malade, j’ai fait le tour de la Kabylie » nous confie Amer. Sa mère est finalement guérie mais il tient à attirer l’attention des responsables, de peur que des gens ne meurent à cause de faux problèmes. Il y a quelques jours, Kamel dont le fils, en très bas âge, était souffrant, à fait tout un périple jusqu’à une clinique privée, du côté de Oued Aïssi. Ce soir là, le préposé à l’échographie était absent, lui a-t-on dit, « Dès le début, dit-il, j’ai senti qu’ils voulaient garder le garçon et me faire payer un séjour chez eux ». Au lieu d’accéder à sa demande, on lui propose d’hospitaliser son enfant qui était dans un état tel qu’il risquait l’ablation d’un organe (les testicules). Toujours est-il, il n’a quitté la clinique qu’après s’être acquitté de 500 dinars, représentant le coût d’une consultation imposée. Quant à la radio, il a cherché ailleurs. Des cas de ce genre, ou même plus graves, surviennent quotidiennement sans que personne ne donne l’impression d’être concerné. La population ne demande pas un scanner bien que ce soit son droit, mais le minimum dont doit bénéficier tout citoyen en Algérie. Les structures de l’Etat sont le dernier maillon où se réfugient les gens dans la détresse. Elle ne doivent pas cesser de fonctionner. Le jour où l’irréparable arrivera à cause du laisser-aller de certains, chacun rejettera la responsabilité sur les autres. Mais, il sera déjà trop tard.

Nacer B.