La pollution a atteint des seuils alarmants dont les causes sont diverses et variées, à savoir l’inefficacité de la gestion et la non-réalisation des CET (Centre d’Enfouissement Technique).
Le cas le plus édifiant est celui d’Assif Oumarigh, au Sud du chef-lieu communal d’El Esnam, à 13 Km au Sud-est de la ville de Bouira. Un site sur lequel s’entasse un immense amas de détritus qui ne cesse de gagner du terrain, en envahissant de plus en plus la surface d’un bosquet d’eucalyptus, qui se trouve en contre-haut de ladite rivière. En ces temps de grandes chaleurs qui ont favorisé la décrue du niveau de la rivière, de facto le cours d’eau dévoile un contenu stupéfiant. De près, l’eau de la rivière est loin d’être limpide, on peut constater d’énormes flaques de vase noire gluante et fétide qui demeurent d’effroyables foyers d’épidémies de tous genres. Des bouteilles, des canettes, des jerricanes et des sachets abondent en surface, comme en profondeur. Malgré le fait que cet oued traverse des dizaines d’agglomérations et longe de près des centaines d’habitations situées des deux côtés de ses rivages, aucune inspection et encore moins un quelconque traitement n’a été effectué. Les riverains se plaignent constamment des dangers que cela peut générer, notamment sur la santé publique. À cela, s’ajoute d’autres nuisances en ces périodes de fortes chaleurs, telles les moustiques, principaux vecteurs de maladies et épidémies de divers types, et des odeurs nauséabondes qui indisposent les citoyens. «Même les camions à ordures relevant d’autres communes limitrophes convergent, depuis deux ans, vers ce lieu, ce qui a considérablement amplifié la superficie de cette décharge, mais ce qui a le plus accentué le recours à ce procédé délétère est bel bien le manque d’une gestion efficace des déchets», confie Ramdhan, un riverain fortement incommodé par un voisinage des plus pollués. Comme tant d’autres rivières, Assif Oumarigh est orienté vers l’oued Sahel, réputé pour l’immensité de ses résidus fluviaux, déversés par de nombreux cours d’eau concordants. L’oued Dhous, une rivière relevant de la commune d’El Esnam, ne cesse d’alimenter le barrage de Tilesdit non seulement en eau, mais également en détritus, sachant que des centaines de pêcheurs consomment le poisson vivant dans ce lac. Malheureusement, l’inaction des autorités publiques face à ce calvaire agace les uns et irrite les autres, car l’ampleur de la dangerosité n’est pas vraiment prise au sérieux. L’inscription d’un centre d’enfouissement technique (CET) est toujours souhaitée, car ce projet permettra de faire sortir même les communes avoisinantes de cette situation catastrophique causant d’immenses dégâts sur l’environnement. Un désastre écologique qui ne dit pas son nom et qui s’amplifie chaque jour davantage. Pour rappel, les décharges sauvages et dépotoirs sont l’un des points noirs de l’écologie à l’échelle nationale ; à ce sujet, l’AND (Agence Nationale des Déchets) a établi des rapports accablants et redoutables et ce, depuis le mois d’octobre 2011, où il était alors mentionné qu’il existait plus de 3000 décharges à travers le territoire national et que le nombre des dépotoirs contrôlés n’était que de 102 seulement.
Aziz Cheboub

