L'oued Sahel, un danger pour l’espèce animale à Chorfa

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L’oued Sahel qui parcourt, entre autres, la commune de Chorfa donne de la peine à voir. La sécheresse et la chaleur accablante l’ont transformé en un ruisseau où les eaux, en filet fin, suintent très lentement. Des étangs se sont formés ici et là où les algues qui flottent donnent un aspect repoussant. Une forte odeur nauséabonde se dégage des lieux, ce qui fait penser que ce sont les eaux provenant essentiellement des réseaux d’assainissement et des fosses septiques qui y coulent à longueur de journée. En effet, la plupart des bouches des réseaux des ménages de la commune y déversent quotidiennement des centaines d’hectolitres de rejets sur le lit de cet oued, en le polluant davantage. L’absence d’une station de traitement des eaux de l’oued, en amont comme en aval, ainsi que la défaillance du réseau local d’assainissement, compliquent davantage les choses. Cet état de fait n’est pas sans faire planer le spectre des grandes menaces sur l’écosystème, lequel va de mal en pis. En regardant l’oued Sahel à partir du pont de Toghza, les eaux bleuâtres et verdâtres se mélangent, donnant l’impression d’être devant un immense égout à ciel ouvert. Les déchets ne sont pas en reste, puisqu’ils y sont jetés en grandes quantités. Des tas de détritus essaiment le lit de la rivière, jetés par des individus inconscients et pour lesquels le mot environnement ne veut absolument rien dire! La flore, constituée en majorité de tamaris, en prend également un sérieux coup avec toute cette pollution qui est en train de décimer le couvert végétal longeant l’oued Sahel. La faune n’est pas épargnée, non plus. La pollution dramatique des eaux de cette rivière influe négativement sur la vie des animaux qui vivent de ce cours d’eau. Des échassiers survivent en se nourrissant de quelques bestioles, lesquelles évoluent encore, par on ne sait par quel miracle, dans les eaux glauques de cet oued. Des cigognes et des aigrettes -pour ne citer que ces dernières-barbotant dans les mares polluées de ce cours d’eau, font peine à voir et sont exposées aux maladies et même à une mort certaine puisqu’ils se nourrissent essentiellement dans cet oued.

Y. Samir

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