Ils ont été transférés dernièrement à Tamanrasset – Plus aucune trace des réfugiés à Béjaïa

Après avoir erré des mois durant dans les rues des grandes villes de Béjaïa, les réfugiés subsahariens ont été reconduits, le 25 juillet dernier, vers un centre de transit situé à Tamanrasset. L’opération de reconduction de ces migrants a été conjointement menée par les services municipaux, le Croissant rouge algérien, les directions des transports, de l’action sociale et de la santé et les services de sécurité. Issus pour la majorité du Niger, les quelques 400 ressortissants subsahariens avaient élu domicile sous un pont érigé au niveau du carrefour des Quatre chemins, dans la ville de Béjaïa. Un camp de regroupement de fortune jugé «encombrant» par les habitants du coin, lesquels ont, à la veille de leur transfert à Tamanrasset, procédé à la fermeture de la route pour manifester leur colère. Par leur action, ces habitants ont tout bonnement réclamé des autorités locales le rapatriement des migrants subsahariens ou, à défaut, leur regroupement dans des camps loin de leurs habitations. Selon eux, les migrants subsahariens ont créé une situation de «promiscuité et d’insalubrité déconcertante». Il aura fallu l’intervention des services de la police pour rassurer les manifestants que leurs doléances seront satisfaites par le rapatriement de ces migrants subsahariens. Aux quatre coins de la wilaya de Béjaïa, faut-il le rappeler, trois opérations de rapatriements de ces migrants subsahariens à Tamanrasset ont été menées. La première fois, ils ont été placés dans un camp de toile à Saket, sur la côte-ouest de la commune de Béjaïa, avant qu’ils ne prennent la clé des champs. Et puis, retour à la case départ, avec leur retour. C’est ainsi qu’une autre opération de leur transfert dans un centre de transit à Tamanrasset a été effectuée le mois de mai dernier. Mais c’était sans compter sur la détermination de ces derniers, ayant fui la guerre et la famine dans leur pays, pour revenir de nouveau à Béjaïa. Vivant dans des conditions jugées «lamentables», plusieurs actions de solidarité ont été initiées à Béjaïa par la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme, pour exiger des pouvoirs publics la prise en charge de ces migrants en tant que réfugiés de guerre. Notons aussi que l’association pour la protection et l’information du consommateur (ADIC) avait, à maintes fois, apporté son aide et assistance à ces réfugiés en leur offrant vêtements

et nourriture.

F. A. B.