L’ange Nihal Si Mohand s’est envolé… – Histoire d’une tragédie

C’est sans doute l’histoire d’un ange qui a croisé un démon. La petite Nihal âgé d’à peine 4 ans a été ravie aux siens dans des conditions cruelles !

Sa mort a été annoncée par le procureur de la république près la cour de Ouacif, avant-hier en après midi, lors d’une conférence de presse tenue à Ouacif. Une fin dramatique pour un feuilleton qui a duré plus de 15 jours, durant lesquels la famille, les proches de la petite ainsi que toute la population de Ait Toudert, la Kabylie et l’Algérie entière ont vécu l’horreur. Un calvaire au quotidien. De l’angoisse, de l’incertitude, des doutes et des rumeurs… Aujourd’hui, tout ça c’est fini. La famille va commencer à faire son deuil. Sur place, aussitôt la nouvelle de la mort de la petite annoncée, des centaines de gens ont commencé a afflué vers la demeure des grands-parents maternels de Nihal pour soutenir la famille dans sa tragédie et présenter leurs condoléances aux parents. Tout le monde est bouleversé. Traumatisée par la nouvelle, la famille a du mal à communiquer. Les oncles exprimaient péniblement leur chagrin et réclamaient justice. Les présents, avec beaucoup de réserve, tentaient d’évoquer le lieu de l’enterrement comme pour essayer de vite dépasser ces pénibles circonstances : Iboudrararen ? Le patelin du père ou Oran ou la famille s’est établie ou encore à Ath Abdelouahab chez les grands parents maternels ou la malheureuse a subi son triste sort ? «Pour le moment, on ne sait pas. A cette question, seul le père est habilité à répondre» dit-on sur place. Tout a commencé le 21 juillet écoulé la maman et sa fille qui habitaient Oran, invitées à une fête familiale, se rendirent en compagnie de sa sœur et son beau frère qui les déplaça de Ain Ouessara à Ait Toudert, plus exactement au village de Ath Abdelouahab où se trouve la maison des grands-parents.

Le drame a commencé dès le débarquement à Ath Abdelouahab

A peine arrivée, vers 11heures, le temps des embrassades de retrouvailles avec la famille, la petite Nihal est sortie jouer avec les enfants, juste à coté de la maison. Un quart d’heure après, elle a disparu. Et la souffrance de cette famille a commencé. Croyant qu’elle s’est juste égarée, la famille a effectué ses premières recherches toute seule, a côté de la maison et aux alentours mais vainement. C’est là qu’ils ont décidé vers la soirée d’alerter les services de sécurité. Ces derniers n’ont pas tardé à se dépêcher sur place pour commencer le marathon des recherches. La famille avait espoir de retrouver sa petite fille d’autant plus qu’aucun indice n’indiquait une fin tragique jusque-là. Ce qui tenait l’espoir intact chez les parents, malgré quelques doutes qui pouvaient effleurer leurs esprits. Un espoir qui s’amincira malheureusement au fil des jours, surtout après la découverte par un berger d’une robe tachée de sang à quelque 500 mètres du lieu de la disparition de la petite, au lieu-dit Azaghar dans la matinée du 31 juillet passé. Une découverte qui a donné une autre tournure à l’affaire. En effet, après la multiplication des efforts, des forces de gendarmerie et en utilisant des chiens renifleurs, vers la soirée du même jour, un crâne et des lambeaux du corps ont été trouvés. Ainsi, les éléments trouvés ont été envoyés dans un premier temps au CHU de Tizi-Ouzou pour effectuer des tests pour identification, puis au centre de criminologie et criminalistique de Bouchaoui pour des tests ADN. Les parents aussi ont été appelés à des prises de sang, une épreuve difficile, qui n’est pas venue pour atténuer leur inquiétude. Une période de doute et de peur s’ensuivit, accentuée par la rumeur de la mort de la petite qui s’est répandue dans certains médias et sur les réseaux sociaux. Ce qui a poussé le père et la gendarmerie à rompre le silence et à démentir la nouvelle dans un premier temps. Avant-hier, la réalité aussi amère qu’elle soit a pris place et l’annonce officielle a dissipé tout doute sur l’affaire. Les résultats de l’expertise confirment le drame. Sur place, les proches avec toute la douleur qu’ils peuvent ressentir parlent de soulagement, mais réclament justice. Pour certains, ça a même parlé de «la peine de mort» qui serait la seule sentence selon eux pour rendre justice à la victime et ses parents. Toutefois, il n y a pour l’heure aucun auteur identifié ou présumé accusé. Le mystère de la disparition de la petite Nihal demeure. Et la question lancinante reste posée : Qu’est ce qui a bien pu amené ce démon à commettre une telle atrocité sur une fillette d’à peine quatre ans ?

Kamela Haddoum.