Malgré le recul de sa culture, la figue demeure l'un des fruits les plus prisés dans la région des Ath Abbas, située au Sud-ouest de la wilaya de Béjaïa.
Cette contrée chargée d’histoire, elle fut du 16e au 19e siècle sous la bannière du royaume des Ath Abbas, dont la capitale était El Kelaâ, tient encore à ses figueraies, même si celles-ci ont perdu beaucoup de terrain. Seuls quelques cultivateurs, attachés du travail de la terre, prennent soin de cet arbre vénéré.
Depuis le début de cet été la figue s’est « invitée » à la table des familles de cette localité. Le fruit se décline en plusieurs variétés plus succulentes les unes que les autres! Au début de la saison, la figue précoce, appelée communément Abakour, a fait son apparition sur les étals des marchands des fruits et légumes de la région, notamment au marché hebdomadaire d’Ighil Ali.
Cela fait, bien évidemment, le bonheur des amateurs de ce fruit, même s’ils sont quelque peu déçus par les quantités infimes proposées à la vente, ce qui a fait que les prix sont presque inaccessibles (entre 250 et 300 DA/kg). Pour les habitants qui disposent d’au moins un figuier chez eux, le problème ne se pose pas, puisqu’ils ont à portée de main ce fruit.
Mais ces jours-ci, c’est au tour de la figue blanche, appelée « Taghanimt », qui a mûri au grand plaisir des consommateurs. Pour l’autre variété la figue noire, que l’on nomme « Ajenjar », elle est en voie de maturité et l’impatience des consommateurs est palpable. Cette dernière variété se trouve être la plus cultivée dans cette région des Ath Abbas.
Tous les samedis, les amateurs de figues trouvent donc leur bonheur au marché hebdomadaire d’Ighil Ali. Des corbeilles en osier remplies de figues fraîches succulentes leur tendent les ‘’anses’’. Les paysans encore en activité y viennent proposer leurs récoltes, arrivant des villages perchés d’Ath Sradj, Tazla, Tabouaânant, Bouni et bien d’autres où les figuiers sont plantés en bon nombre.
Syphax Y.

