En prévision de la visite du wali de Béjaïa à Béni Maouche, le tronçon de la RN74 allant des trois chemins de Taghzouyth, dans la commune de Seddouk, jusqu’à Trouna, chef-lieu de la commune de Béni Maouche, a connu durant toute la journée de dimanche dernier une vaste opération de nettoyage.
Un nettoyage réalisé par des équipes engagées par la direction des travaux publics de la daïra de Seddouk, où même des responsables de cet organisme ont pris part à cette campagne qui a duré jusqu’en fin de journée, c’est-à-dire aux environs de 19h30, des ouvriers, des camions et un engin des travaux publics y sont mobilisés. La question que le commun des mortels se pose est pourquoi les autorités attendent la venue d’un wali ou d’un ministre pour nettoyer une route sale, devenue un réceptacle de déchets ménagers, de bouteilles vides en plastique, d’emballages en verre de bière et de vin. Pourtant, à l’arrivée du wali de Béjaïa en août 2015, il a fait de la propreté du territoire de la wilaya l’une de ses priorités. Certes, les autorités ont appliqué à la lettre, durant les premiers six mois de son investiture, ses directives en maintenant les routes constamment propres, mais durant les six derniers mois, ce tronçon de la RN74 reliant la commune de Seddouk à celle de Béni Maouche, a été abandonné à son triste sort. Un laisser-aller qui a favorisé le retour des pollueurs. Ces derniers ont choisi de polluer un endroit paradisiaque, situé au piémont de la montagne d’Achtoug. Un endroit d’une vue imprenable sur la haute vallée de la Soummam, tourné naturellement vers le Djurdjura et dominé par des paysages enchanteurs à en couper le souffle, avec une verdure éclatante même en plein été. Des milliers d’automobilistes sont quotidiennement agressés par des images affreuses de ces décharges qui pullulent sur cette route à grande circulation. Beaucoup de voyagistes venant des grandes villes pour rejoindre leurs villages aiment s’y arrêter un moment en famille et s’émouvoir de ce que la nature a façonné comme environnement sauvage d’une beauté extrême, se mettre sous l’ombrage d’un arbre pour prendre un repas pendant que le moteur qui a roulé durant des heures se refroidit. Ce qui est malheureux aussi, c’est que certains de ces mêmes voyagistes laissent sur place les déchets occasionnés. Ce qui est encore plus lamentable, les pollueurs ne jettent pas leurs ordures ménagères dans un seul endroit mais les éparpillent tout le long des accotements de cette route, créant de petits tas d’immondices d’où se dégagent des odeurs nauséabondes et qui attirent chiens et chacals. Mais pourquoi ces pollueurs ne transportent-ils pas leurs déchets dans leurs véhicules et les jeter dans des poubelles des agglomérations par lesquelles ils passent? Un geste civique qui éviterait de mettre en péril un site naturel. Mais au lieu de cela, ils préfèrent l’incivisme en souillant ce dernier qui s’illustre par le spectacle désolant qu’il offre ; une situation qui a tendance à trop se répéter, car après le passage du wali, la pollution va reprendre sa place de plus belle, sans que les pouvoirs publics n’interviennent d’une manière efficace pour traquer les pollueurs. En d’autres termes, la wilaya de Béjaïa possède bien une direction de l’environnement et des associations qui perçoivent des subventions financières pour la préservation de l’environnement, mais la réalité est tout autre, du fait que cet environnement est menacé à longueur d’année et en tout lieu, sans que personne ne lève le petit doigt pour dire basta à se massacre environnemental. Doit-on encore dire que la dégradation de la nature engendre la dégradation de la santé de l’être humain, de la flore et de la faune ? La préservation de l’environnement est l’affaire de tous et non seulement des pouvoirs publics ou des associations ; tout citoyen a le droit et se doit de veiller sur la propreté des lieux, car cela y va de sa santé. Le wali de Béjaïa va passer juste la journée du 17 à Béni Maouche. Qu’en sera-t-il alors le 18 et les journées qui vont suivre ?
L. Beddar

