Ifigha Zerda au mausolée Si M’hand Oussallah – Dans l’union et la communion

Le comité du village Ifigha a organisé, jeudi dernier, une zerda au mausolée Si M’hand Oussalah, sis au chef-lieu de la commune d’Ifigha dans la daïra d’Azazga, et ce, en collaboration avec l’APC de ladite localité.

Il est à souligner que chaque jeudi, le mausolée susmentionné ouvre ses portes aux visiteurs, qui viennent des quatre coins du pays, lesquels se voient conviés à déguster un bon couscous. Il y en a même ceux qui y passent la nuit, ne pouvant repartir le même jour vu leur éloignement. À préciser que Zerda est un événement qu’organise chaque année le village Ifigha en fin du mois d’octobre pour implorer le dieu la pluie afin que la saison agricole soit bénéfique d’une part, et se remémorer le saint et vénéré si M’hand Oussalah d’autre part. «Cette année, on a pensé à organiser la cérémonie en août pour permettre à nos émigrés de France de partager ces moments de joie avec leurs prochains, et intégrer leurs enfants dans la sauvegarde du patrimoine culturel et spirituel dont on est fiers. Nous devons faire connaitre aux générations futures les légendes de ces grands hommes (les saints), jalons de notre histoire, à l’image de Si M’hand Oussalah qui est arrivé dans notre village bien avant les Espagnols. D’après les dires de nos ancêtres, il s’assit sur un rocher au cimetière qui a pris la forme d’un fauteuil et a décidé de veiller sur la sécurité de la commune. Il leur avait demandé alors à ce qu’on lui construise un mausolée là où ils se sentent le plus en insécurité et le choix s’est porté sur le chef-lieu de commune. On raconte que même au cours de la guerre de libération, ce lieu faisait l’objet de plusieurs attaques ennemies car les soldats français croyaient qu’il constituait un refuge pour les Moudjahidine. On raconte aussi que l’on entendait des tirs de balles mais sans voir celles-ci sortir des mitraillettes !», relate Bessa Moh Ouali.

Deux bœufs immolés

Par ailleurs, les préparatifs de cet événement ont commencé mardi, avec l’immolation de deux taureaux de race allemande offerts par un fils du village établi en France pour la préparation des repas (déjeuner et diner). Ainsi, plus de mille personnes venues de plusieurs wilayas du pays ont eu droit à un succulent couscous accompagné de viande, fruits et boissons. Les jeunes d’Ifigha, très mobilisés comme à chaque fois, n’ont rien laissé au hasard pour faire de cet événement une totale réussite. Après manger, des femmes et même des jeunes filles sont entrées au mausolée pour le rituel de la prière. «Je suis issue de la famille du saint. J’habite Alger mais je viens chaque année avec mes enfants assister à cette fête. Ils sont conscients que le saint est un homme qui applique la religion et aide les gens au nom de Dieu», dira une des femmes présentes sur les lieux. «Je suis heureuse d’assister à cette fête. Je suis établie en France mais reste très attachée à notre culture et nos traditions. Je tiens à mon identité et je porte la robe kabyle là où je vais. Je tiens à remercier les citoyens et le comité de village qui ont pensé à organiser cette fête au mois d’août, cela nous a permis de nous retrouver et de partager d’agréables moments dans l’union et la communion», déclarera une seconde femme. Une organisation parfaite a fait que la fête en question soit très réussie, ce qui laissera sans doute cette dernière gravée à jamais dans les mémoires. Avant-hier, les habitants d’Ifigha avaient compris que le plus beau jour de la vie est quand les gens se retrouvent et se réunissent ; comme on dit en kabyle «themlal thassa dway tourew». «Je peux dire que notre objectif est atteint. On a pu réunir tous les villageois et faire découvrir cette tradition à des étrangers à la région qui étaient émerveillés par notre richesse culturelle et historique», dira Hami Abdellah, maire de la commune d’Ifigha.

Fatima Ameziane