Dr Hugh Roberts y évoque le printemps noir

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La léthargie littéraire qu’endurent bon nombre de localités n’est pas un fait nouveau, mais grâce à la volonté et l’abnégation des amoureux du livre et de la culture d’une manière générale, des initiatives émergent pour redonner vie à ces régions gagnées par la monotonie.

En effet, l’édile communal de Tinebdar, Braham Bennadji, et par la volonté de certains épris du livre, un café littéraire est né ces derniers jours au grand bonheur des hommes de lettres et autres amateurs. «Dans le cadre de la dynamisation des activités culturelles, littéraires notamment, la bibliothèque communale de Tinebdar vient de créer son propre café littéraire qui a pour vocation l’organisation d’une série de conférences et ventes-dédicaces avec des auteurs et écrivains de la région et de renommée internationale», affirme le premier magistrat de la commune. Ce faisant, l’inauguration de ce café fraichement créé s’est faite avec l’auteur et professeur Anglais Hugh Roberts, qui a animé une conférence suivie d’une vente-dédicace, avant-hier à la salle de lecture de la bibliothèque. De prime abord, les initiateurs dudit café littéraire visent à donner une dimension régionale, voire nationale, à ce rendez-vous livresque, d’autant plus que la région N’Ath Waghlis ne dispose d’aucune assise culturelle capable de redorer le blason de ce aarch tant connu pour ses érudits penseurs et ses hommes de lettres. Une autre personnalité Nordine Boukrouh, homme politique et écrivain, honorera par sa présence et sa contribution, le samedi 27 août, la deuxième rencontre de ce café littéraire de Tinebdar qu’il animera.

Retour sur la conférence du Dr Hugh Roberts

Le premier invité du café littéraire de Tinebdar a été donc le docteur Hugh Roberts qui y a présenté et dédicacé son livre intitulé «Algérie-Kabylie, études et interventions», ouvrage de 335 pages, publié en 2014, aux éditions Barzakh. Le Dr Hugh Roberts a une connaissance intime de l’Algérie, pays dans lequel il a enseigné l’anglais à Bouira dans les années 70, et où il n’a cessé de se rendre même pendant la décennie noire. L’hôte de Tinebdar est également connu pour avoir enseigné dans plusieurs universités, notamment en Grande Bretagne et aux Etats Unis. Il a même mené une carrière de chercheur indépendant. Aujourd’hui, il enseigne l’histoire de l’Afrique du Nord et du Moyen Orient aux USA. Dans son intervention, le Dr Hugh Roberts a particulièrement insisté sur les évènements tragiques du «printemps noir de 2001 en Kabylie». Des événements qui ont été caractérisés par de violentes émeutes entre manifestants et forces de l’ordre et qui ont engendré la mort de plus d’une centaine de jeunes et des milliers de blessés. Les tentatives de comprendre ce qui s’est passé ont été l’œuvre de journalistes, sociologues et anthropologues aussi bien Algériens qu’étrangers. Lors du débat qui s’en est suivi, beaucoup de questions ont été posées à l’intervenant. Certains ont cherché à savoir pourquoi en parler maintenant des évènements qui se sont déroulés, il y a plus d’une décennie. Mais, il faut parfois du temps et de la distance, leur rétorque-t-on, pour écrire sur les pages noires de l’histoire. Ce temps passé permettra, à coup sûr, d’apprécier à long terme toutes les conséquences de ce genre d’avènements historiques.

B. Mouhoub et Bachir Djaider

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