El Adjiba Un jeune éleveur de bovins innove – Aliment artificiel pour bétail

Il est vrai que devant le besoin et le manque, le génie humain se met à l’œuvre pour compenser les insuffisances, en créant des palliatifs qui s’avèrent dans bien des cas être des techniques de pointe au service du progrès et de l’évolution.

C’est le cas de ce jeune éleveur de bovins du village Ameksem Iallalen, dans la commune d’El Adjiba. Originaire de M’Chedallah, Benane Sofiane s’est lancé dans un petit élevage d’une dizaine de vaches laitières acquises dans le cadre du crédit ANSEJ. Mais, il s’est rendu compte, après seulement une année d’activité que les bénéfices qu’il tire sont dépensés dans l’achat de l’aliment de bétail et qu’à ce rythme, il ne tiendrait pas longtemps et se voit déjà en faillite. Refusant cette fatalité il se lança dans les recherches à travers l’internet et finira par tomber sur une technique de fabrication d’aliment artificiel de bétail et à moindres frais, utilisée par les éleveurs de cette filière en Australie. Une technique simple qui ne demande pas beaucoup de connaissances, simplement de la patience, de la volonté et l’amour du métier. Il s’agit de la fabrication d’un aliment artificiel de bétail des plus nutritifs à base d’orges en germe sous une sorte de serre. Celle-ci est une chambre en dur de quelque 05m X 03m où il installa des bacs en plastique sur une alignée d’étagères, grâce à quelques équipements tels que deux climatiseurs, un néon sur chaque mur, un système d’irrigation en goutte à goutte. Le taux d’humidité élevé qui se crée dans la chambre aide à obtenir la germination des grains d’orges déposées à l’intérieur des bacs. Ces derniers atteignent la hauteur d’environ 15cm en une semaine. Par conséquent, l’aliment obtenu est prêt pour la consommation directe. Ainsi, grains comme épis sont retirés en morceaux unis des bacs, lesquels jouent aussi le rôle de moules. Une technique grâce à laquelle il obtient des rations individuelles de 07 kg chacune, quantité quotidienne suffisante pour une vache adulte. A cela s’ajoute une ration de paille. Une récolte qu’il obtient en 07 jours d’incubation et croissance sous une température de 18°. Cette technique est dénommée l’hydroponique et elle est des plus réussies. Jeudi dernier, une forte délégation officielle de représentants du secteur tel que la DSA, la chambre de l’agriculture, la CRMA, la subdivision de l’agriculture d’Ahnif, plusieurs membres de l’exécutif de l’APC de M’Chedallah, des représentants de la laiterie SOUMAM de l’unité de Taghzout daïra de Haizer et l’ANSEG, ont procédé à une visite minutieuse des installations sous la direction du jeune éleveur. Ce dernier a donné toutes les explications et détails du fonctionnement et de l’exploitation. Aussi, nous apprenons que le rendement de cette chambre d’une superficie de 25 mètres est l’équivalent de 05 HA de terrains agricoles cultivés à l’air libre. Cette technique a cet avantage de produire toute l’année et de manière continue. A cela s’ajoute la qualité de l’aliment sain et exploité sans serre à l’abri de microbes ou toute autre maladie. Le jeune éleveur est catégorique et confiant :  » J’arriverai facilement à l’autosuffisance en matière d’aliment pour mon élevage à la simple condition que la CCLS me facilite l’acquisition de la semence d’orge locale», dira-t-il. Celle importée étant concassée ne convient pas. L’éleveur fera appel aux autorités pour l’aider dans son projet d’extension de la bâtisse pour augmenter la production. Rappelons qu’un autre éleveur a aussi lancé cette activité à Haïzer et ce sont là les toutes premières à l’échelle nationale.

Oulaid Soualah