L’incendie qui s’est déclenché, avant-hier, au niveau du petit village des Aït Gouaret dans la commune de Timizart, daïra d’Ouaguenoun, vers les coups de 14 heures, a failli emporter tout sur son passage, n’était-ce la mobilisation rapide des citoyens.
En effet, cet incendie qui s’est déclenché dans la forêt avoisinant le célèbre village du grand poète Youcef Ou Kaci et du chanteur connu Ali Ideflawen , a été aidé dans sa propagation par les vents qui venaient du nord mais aussi par les herbes touffues et sèches et les nombreux oliviers qui jonchent le voisinage des villages. Il s’est étendu vers le sud menaçant, ainsi, les premières maisons situées à la périphérie du grand village de Timizart, à l’embranchement du CW6 vers ledit village. Devant l’ampleur des flammes, la route fut carrément coupée à la circulation et la peur gagna les cœurs des habitants. Sitôt l’alerte donnée, spontanément, des jeunes et moins jeunes sont accourus de partout des villages voisins, comme celui d’Ait Ahmed, Berbère, Mira et même du chef-lieu de la commune Souk El Hed, pour éteindre le feu et ce, avec les moyens de bord. Munis de pelles, de rameaux d’arbres, on s’attela à stopper les flammes qui avançaient inexorablement vers les premières maisons. Mais à vue d’œil, la bataille semblait inégale face aux gigantesques flammes ‘’avides’’ de tout brûler sur leurs passages. L’envoi d’une citerne d’eau par l’APC soulagea un peu les volontaires qui tenaient bon en attendant l’arrivée des pompiers alertés de la situation. L’arrivée de ces derniers, avec un grand renfort de véhicules (six ou sept), sonna le glas des flammes. Guidés par des professionnels, les jeunes ont su faire rempart face aux flammes dévorantes. Bientôt, le feu fut maîtrisé et les maisons menacées tirées d’affaire. Fatigués, extenués mais soulagés d’avoir pu sauver des familles et des maisons d’un incendié ravageur, les jeunes avaient le sentiment du devoir accompli. L’un d’eux nous dira : «Nous sommes la seule daïra dépourvue des pompiers. Chaque fois qu’un incendie se déclenche, notre seul recours est la mobilisation en attendant l’arrivée des pompiers de la ville d’Azazga. Or, Azazga, comme chacun le sait, est loin de la région, ce qui atténue un peu l’efficacité de l’intervention des agents de la Protection civile. On aimerait que notre daïra puisse bénéficier d’une unité de la Protection civile pour une intervention plus rapide dans de tels cas». Malgré ce grief, les habitants du village de Timizart saluent le travail professionnel exécuté par les agents de la Protection civile dépêchés sur place, et remercient du fond du cœur tous les bénévoles qui leur ont porté secours. «C’est une leçon de courage, d’abnégation et de solidarité si chère à notre culture», nous dira un vieux soulagé et fier de voir tant de jeunes se mobiliser pour porter secours à des familles en détresse.
A. S. Amazigh

