91 urgences recencées

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La fête religieuse de l’Aïd El Adha, durant laquelle on égorge des bêtes pour pérenniser le sacrifice d’Abraham, est synonyme, également, d’enregistrement de blessures légères pour «les apprentis bouchers». Durant les deux journées de l’Aïd, les services du centre hospitalo-universitaire de Bejaïa ont enregistré 91 entrées en urgence pour des blessures au couteau au moment de l’abattage et du dépècement de la bête ou de la découpe de la carcasse le lendemain. Selon ces derniers, le plus grand nombre a été enregistré durant le premier jour mais fort heureusement pour de légères blessures. Seules deux personnes admises aux urgences avaient des plaies profondes ayant nécessité le passage par le bloc opératoire, soulignera le chargé de communication du CHU. Bien entendu, cette centaine de personnes fait partie de la catégorie qui veut éviter des dépenses inutiles en faisant appel aux services des professionnels. Outre les parents qui sont habitués à égorger les moutons de l’Aïd de l’ensemble de la fratrie, chaque année, il y a ceux qui se vantent de détenir un métier spécifique à chaque événement dont celui d’égorgeur ou de découpeur. Mais généralement, le découpeur, c’est plutôt le boucher du coin qui en est sollicité. Les égorgeurs, dans la région de Bejaïa comme partout ailleurs, sont «réservés» une à deux semaines à l’avance. Le jour «J», armés de tout un arsenal, ils font le travail en moins d’une demi-heure en contrepartie d’une somme oscillant entre 1500 et 2000 dinars. Mis à part les bouchers, il y a ceux qui sont parents par alliance à ces derniers, donc ayant le métier dans les veines, qui proposent leurs services, soit en travaillant dans un local quelconque ou en se déplaçant à domicile. La découpe d’un mouton ou d’un chevreau ne leur demande qu’une demi-heure à tout casser. Cependant, leurs prix sont bizarres. Ils vont du simple au double pour un même travail. Certains ne demandent que 800 dinars pour la découpe de la carcasse alors que d’autres, installés juste à côté exigent 1500 à 2000 dinars. L’Aïd El Kebir est donc pour certains, l’occasion de faire de bonnes affaires, aussi bien pour les professionnels que pour ces jeunes «caméléons» sans aucune expérience qui s’adaptent à toutes les situations pour peu qu’elles soient juteuses.

A. Gana

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