Zeboudja, un village situé à 10 km à l’Ouest du chef-lieu de la wilaya de Bouira et à quelque 9 km au Nord du chef-lieu de la commune de Ain Turk, offre au visiteur l’aspect d’une contrée oubliée. Elle est dépourvue de tout. Zeboudja est rattachée administrativement à 3 communes à savoir : Ain Turk, Ait Laâziz, et Bouira. Ce découpage a dispersé la population, ce qui ne fait guère bénéficier les citoyens de la localité Zeboudja centre, « la cité » et les hameaux du sud sont rattachés à Ain Turk, Zeboudja Nord à Ait Laâziz et Zeboudja Est à Bouira. L’agglomération compte quelque 800 habitants. Elle a vécu les années de braise durant la dernière décennie notamment Zeboudja « La cité ». De part sa situation géographique, le village occupe une place importante et d’avenir économique. La localité constitue un vrai carrefour. Elle se situe entre la RN5 et la bifurcation de l’autoroute Est-Ouest. Deux accès routiers de grande importance longent le village. En fait, les demeures n’étaient et ne sont actuellement qu’une cité de recasement datant de l’ère coloniale puis reconstruite grâce aux dons de l’aide suisse à l’étranger et une enseigne sur laquelle on peut lire : « Croissant-Rouge, 11 mai 1966 », placardée au mur d’une maison, en témoigne. C’est depuis cette date que des citoyens venus des hameaux avoisinants ont trouvés refuge dans cette cité. Les maisons sont précaires et n’offrent aucune commodité permettant d’y vivre. Néanmoins quelques citoyens, les plus aisés, ont démoli les vieilles bâtisses pour reconstruire de nouvelles. Celles-ci rivalisent avec les anciennes qui datent de près d’un demi-siècle. Ces maisons ne disposent pas de courettes et pour se mettre à l’abri des regards indiscrets, les citoyens ont dressé des tôles ou des roseaux. Il est à noter que les citoyens ne possèdent pas d’acte de propriété ni du logement, ni du terrain. Ceux qui ont procédé : « à la reconstruction se demandent s’ils sont dans une situation légale ou illégale », nous confia un citoyen qui désire reconstruire, mais qui a peur de l’avenir. Un autre nous dira : « le terrain où est construit le village n’est ni cadastré ni domanial ni bien de la municipalité ». A cet effet, il propose que l’APC doit établir un plan d’occupation du sol (POS). Zeboudja, localité à vocation agricole notamment l’oléiculture, a connu un exode rural de la population. Beaucoup de familles ont abandonné leurs biens pour aller s’installer ailleurs. Pour éradiquer le bidonville, les pouvoirs publics doivent penser au lancement de projets de réalisation des logements RHP ou LSP. Ces projets feraient, sans doute revenir ces gens, forcées de partir dans un passé récent, au bercail : leur village. La localité compte, à elle seule, huit (08) huileries. Les citoyens accordent un grand intérêt à l’olivier et s’attachent beaucoup à cette richesse. Un gérant d’huilerie nous confia : « L’olivier occupe une place primordiale dans la vie des citoyens. Il compte pour la seconde ressource pour certains et l’unique pour d’autres. « A Zeboudja « Cité », tout donne à croire que le village vit dans la sérénité mais en vérité un problème en cache un autre. Les voiries La disposition de la construction des logements obéit aux normes du plan d’urbanisme et d’aménagement, c’est à dire que la construction est en lignée séparée par des ruelles et où les quartiers sont délimités. Toutes les ruelles sans exception aucune ne sont pas revêtues. Elles sont dans un état piteux. En été, elles sont poussiéreuses et boueuses et presque impraticables en hiver. Des plaques d’eau couvrent la voie par endroits. Chausser des bottes est une nécessité absolue. Les jeunes, un sérieux problèmePour les jeunes, Zeboudja n’est qu’un dortoir. Le jour, ils se rendent à Bouira à la recherche d’un travai, vendre des cacahuètes ou encore parcourir les ruelles de la ville de Bouira. Ces jeunes sont livrés à eux-mêmes. Au village, rien ne les attire et rien ne les retient. Aucun moyen de loisirs n’est mis à leur disposition, hormis une aire de jeux. Là, nous avons rencontre un père de famille en compagnie de ses deux petits-enfants. Il s’adresse à nous avec réserve. L’état du terrain (sa surface de jeu, la clôture en dur) représente un vrai danger. La clôture fait partie de la surface de jeux. Pour effectuer une touche, le joueur doit s’adosser contre le mur. Si par mégarde ou par intention de l’adversaire de faire un tacle, le possesseur de la balle percuterait le mur. L’aire de jeux n’est qu’un terrain plat clôturé réalisé juste pour que ces jeunes mordus de football se regroupent le soir et se divertissent dans une rencontre de football. La plupart des jeunes sont des chômeurs. Ils ne bénéficient même pas d’un poste de travail dans le cadre de l’emploi des jeunes, car ils sont répartis sur trois communes : Aïn Turk, Aït Laâziz et Bouira. Il en est de même pour les collégiens. Les élèves poursuivent leur scolarité à Kalous (Aomar) à Maâla (Aït Laâziz) et à Aïn Turk. Ces élèves souffrent le martyr pour le transport, notamment ceux qui fréquentent les CEM de Maâla et Aïn Turk et plus ou moins celui de Kalous. « Ces futurs cadres, ces pauvres enfants sont contraints de parcourir 4km à pied et encore en se levant très tôt pour arriver à l’heure et nous sommes en période hivernale », nous dira un citoyen. La construction d’un CEM dans la contrée s’avère nécessaire. Cette institution éducative regroupera tous les enfants des hameaux proches de : Zeboudja, tels que Ialouachène Ivougharvane, Ikouchache… Zeboudja « Cité », se trouve au centre de ces bourgades. Le futur CEM résoudrait beaucoup de problèmes a priori le transport, l’éloignement, la déperdition scolaire…L’inoccupation, le chômage, l’inexistence de moyens de loisirs et d’infrastructures persécutent ces jeunes. Tout ce vide oriente ces malheureux de la société, de la mal-vie vers les maux et les fléaux sociaux. Le centre de santé fonctionne par intermittence. Seul l’infirmier assure les premiers soins : changer un pansement, faire une injection. La DSP doit affecter un médecin. Cela permettra aux démunis de pouvoir se faire ausculter et contrôler leur état de santé. A présent, les citoyens se rendent à Bouira pour se soigner. A cela s’ajoute l’équipement du centre que la tutelle doit prendre en charge. La présence d’un médecin assurera le service de la santé et de l’hygiène scolaire. L’antenne d’Algérie Poste est une ancienne bâtisse qui a été retapée. Elle est au service de la population ; cependant elle assure un service minimum tel que le courrier et les mandats. Selon des témoignages, l’inexistence d’autres services cause des désagréments aux citoyens. Nos interlocuteurs sous-entendent le paiement par carte. Car les fonctionnaires de la région sont obligés de se déplacer à Bouira pour la plupart et à Aomar pour certains. L’éducation nationale Une école primaire héritée du colonialisme située au centre de la cité regroupe tous les enfants de la localité. Les élèves admis en 1re AM sont affectés vers le CEM de Kalous et de Maâla, et ceux de Ikouchache vers Bouira. Un projet de construction d’un CEM, demeure inévitable pour regrouper ces bambins dispersés par une carte pédagogique qui cause énormément de problèmes aux enfants et aux parents. Les projetsUn projet de construction d’une antenne communale est déjà lancé à Zeboudja-centre. Les travaux ont atteint environ 60%, c’est une construction R+1. Le rez-de-chaussée est réservé aux bureaux de service de l’état civil et l’étage, pour un logement qu’occupera le responsable de l’antenne communale. Vu la vocation agricole de la localité, les services agricoles de la wilaya devraient procéder à l’ouverture des pistes agricoles dans les régions inaccessibles. Cela réconfortera les fellahs et les encouragera à fournir des efforts pour travailler leurs terres, particulièrement les oliviers. Afin d’éradiquer la cité bidonville et de garder l’aspect architectural de l’aménagement urbain moderne, l’APC en collaboration avec les services concernés doivent établir un plan d’occupation du sol. En définitive, Zeboudja « Cité » est un vrai carrefour vu sa position géographique, elle forme un vrai pôle économique pour le futur, mais il faudrait que les responsables programment des projets d’avenir et qu’ils créent des postes d’emploi. Les programmes lancés par l’Etat sont très importants et considérables.
A. Bouzaïdi
