Bien qu’installé et «techniquement fonctionnel», depuis près d’une année, le scanner de l’hôpital d’Ain El Hammam tarde à rendre les services que l’on peut attendre d’un tel équipement acquis à coup de devises fortes. Le public reste perplexe devant cette porte fermée. Le commun des malades ne comprend pas pourquoi «cette nouvelle technologie» ne lui est d’aucun secours alors qu’elle a débarqué l’an dernier avec force publicité. Les habitants pensaient que le plus dur était fait et qu’ils allaient enfin tourner le dos au privé dont les prix sont prohibitifs. Mais c’était sans compter sur les rouages du système de santé. Disposer d’un scanner ne suffit finalement pas si la direction de la santé ne se donne pas la peine de le faire suivre par le personnel indispensable à son fonctionnement. Les techniciens en radiologie qui ont subi une formation de manipulateurs, sur site, en vue de faire fonctionner l’appareil ne peuvent que produire des clichés simples qui ne serviront pas «à grand-chose», nous dit un médecin. Il faut savoir, nous dit docteur Taleb, que pour produire un cliché avec un produit de contraste, la présence d’un médecin radiologue est indispensable. Il est le seul habilité à pratiquer cet examen délicat au cours duquel des complications peuvent survenir (allergies et autres). On nous cite, cependant, le cas d’un neurochirurgien qui a eu recours, il y a peu, au cliché du scanner pour éviter une évacuation inutile à un malade vers le CHU. «Mais c’était une urgence», ajoute notre interlocuteur. D’où nécessité pour l’hôpital d’Ain El Hammam de recruter deux médecins radiologues qui pourraient éventuellement se relayer sur l’appareil. En effet, sans la présence d’un radiologue, seul à même d’interpréter les résultats, l’utilisation du scanner devient obsolète. Les praticiens demandent alors aux malades de passer un scanner chez des privés qui établissent le diagnostic. Il faut noter par ailleurs que le même problème d’interprétation se pose pour l’échographe dont les résultats ne peuvent être interprétés que par un médecin spécialiste en radiologie. L’EPH qu’on dit se spécialiser dans les soins lourds est-il réellement apte à faire face à toutes les situations sans avoir recours aux évacuations ? Mais au fait, on nous apprend que «le scanner est dépassé. Maintenant, on parle davantage de l’IRM (imagerie à résonnance magnétique)». Michelet en disposera lorsqu’à son tour, il sera dépassé. Du temps perdu, du matériel acheté pour être stocké. N’aurait-il pas été plus judicieux de l’envoyer aux structures disposant de radiologues ? Quelque spécialiste doit se trouver quelque part en attente d’un tel matériel qu’il ne recevra peut être jamais. Notons que le service de maternité de l’EPH d’Ain El Hammam qui couvre une population de plus de deux cent mille habitants, n’a pas vu de gynécologue depuis plus de dix ans. Des problèmes sur lesquels la DSP devrait se pencher. Mais là encore, c’est une autre question.
A. O. T.
