Les trottoirs de la ville d’Aïn El-Hammam, à cinquante kilomètres au Sud-est de Tizi-Ouzou, ont à nouveau été libérés au profit des piétons. Avertis à plusieurs reprises, les commerçants ont fini par entendre raison. Depuis quelques jours, en effet, on peut longer les façades des boutiques sans risquer de se heurter à quelque objet suspendu ou posé en travers du passage. Interrogé un commerçant nous confiera : «J’approuve cette mesure et je m’y plie, à condition qu’elle soit appliquée à tous les commerçants, sans exception. Nous aussi, nous voulons avoir de l’espace et de la lumière dans nos magasins». Nous montrant des vendeurs de fruits et légumes installés sur l’asphalte, notre interlocuteur ajoutera : «Regardez ! On nous interdit le trottoir alors que d’autres sont en train de vendre leur marchandise sur la chaussée !». A plusieurs reprises, les informels ont été chassés de la rue. Ils se tiennent en retrait quelques jours avant de revenir, d’abord discrètement, puis ostentatoirement. Espérant toujours un éventuel recasement, ils s’installent, encore plus nombreux, à tous les coins de rue. Nous avons aussi remarqué que des marchands de tous types se sont installés à différents endroits, alors qu’auparavant, seuls les vendeurs de fruits et légumes occupaient la rue, à longueur d’année. Les marchands informels qui squattaient la rue colonel Amirouche ont été sommés, eux aussi, par les autorités locales de prendre place au marché hebdomadaire ou de s’installer dans quelque local qu’ils devront louer, à l’instar de leurs pairs de la ville. Même délocalisés, ils continuent de jouer au chat et à la souris avec les responsables. Ils attendent, comme toujours, le moindre relâchement pour revenir. «De la fermeté et de l’impartialité des services concernés dépend la réussite durable de cette opération», nous diront plusieurs citoyens approchés, espérant que cet «énième coup de force» des autorités sera l’occasion de ramener à la raison les récalcitrants qui doivent encore rejoindre l’aire du marché pour ne gêner personne.
A. O. T.
