«La DUC ne nous a rien accordé»

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Le maire des Ouadhias, issu du FFS, fait le point sur tous les aspects concernant sa commune. Il parle des réalisations, des retards et des contraintes qui entravent le fonctionnement et le développement de la municipalité qu’il dirige depuis 2012.

La Dépêche de Kabylie : Après quatre années passées à la tête de l’APC des Ouadhias, quel bilan faites-vous ?

Akir Youcef : Ce n’est pas facile d’être maire aujourd’hui, c’est un travail épuisant pour celui qui vient travailler. Cela n’a pas été de tout repos. Quant à notre bilan, je peux vous le donner par secteur et je commencerai par celui de l’éducation. Nos écoles ont toutes bénéficié de travaux de réhabilitation. Les cinq écoles que compte ma commune sont toutes dotées de salles multimédia et de bibliothèques, et elles sont toutes raccordées au réseau Internet. Les deux écoles de Tagmount El Djedid et de Ouadhias village sont dotées de chauffage central ; celles du centre-ville sont chauffées au gaz naturel en attendant l’installation de chaudières. Toutefois, nous butons sur un problème de taille, à savoir les petites réparations, car le subdivisionnaire (SLEP) refuse toujours de nous faire les fiches techniques malgré nos écrits à sa tutelle. Concernant le ramassage scolaire, notre parc roulant est assez important pour assurer le transport à tous les élèves scolarisés, mais nous n’avons pas de chauffeurs. Les partants à la retraite ne sont pas encore remplacés et le recrutement nous est interdit. Nous avons, d’ailleurs, saisi officiellement le Premier ministre pour une dérogation de recrutement.

Qu’en est-il du réseau routier et du secteur de l’hydraulique ?

Ce volet est bien pris en charge. D’ailleurs, je remercie la DTP de Tizi-Ouzou et la STP de Boghni pour leur accompagnement. Plusieurs axes routiers ont été revêtus en BB durant notre mandat et on a pu également arracher le projet de l’élargissement de la route allant de Tizi Seghouane vers Ouadhias village, un souhait de toute la population depuis l’ère coloniale. Au sujet du secteur de l’hydraulique, là aussi je dois reconnaître que la direction et la subdivision concernées nous ont inscrit plusieurs projets de réfection des réseaux de l’AEP. Nous avons également réalisé un réservoir d’eau potable à Aftis. L’ancien réseau amianté et vétuste a été éliminé à 70%. On prévoit aussi la réfection du réseau AEP venant de Takhoukht vers les villages des Ouadhias.

Parlons maintenant de l’aménagement urbain et des infrastructures publiques…

Dans ce cadre, nous n’avons presque rien fait depuis 2012. Notre chef-lieu est pourtant l’un des plus importants de la wilaya de Tizi-Ouzou. Nous avons fait des pieds et des mains pour décrocher quelques opérations de l’amélioration urbaine, mais la DUC ne nous a accordé aucun projet si ce n’est une petite opération d’éclairage public. À présent, nos fiches techniques sont au niveau de cette direction, nous espérons que le nouveau DUC regarde un peu dans notre direction et nous attribue notre part comme pour toutes les autres communes. Au sujet des infrastructures, en 2012, notre APC a été oubliée. Dès notre installation, nous avons multiplié les démarches et pu quand même décrocher quelques projets et pas des moindres. Nous avons lancé la construction de l’hôpital de 60 lits qui a atteint maintenant 50% de sa réalisation. Notre stade communal a été revêtu en gazon synthétique de 5ème génération. Une piscine semi-olympique est en train d’être réalisée ainsi que le marché de proximité qui a atteint le taux de 70%. Concernant le logement, nous avons eu un projet de 300 logements, mais malheureusement, nous n’avons pas d’assiettes foncières. Nous avons écrit pour inclure la prise en charge de l’achat d’assiette de terrain chez le privé.

Où en sont les projets d’ovoïde et de la station d’épuration ?

D’après les dernières informations, nous croyons savoir que ces projets sont concernés par le gel. De toutes les manières, nous ne sommes pas restés les bras croisés et nous venons d’avoir la confirmation d’un rendez-vous avec le ministre des Ressources en eau. Nous avons justement l’intention de soulever ce problème. Le point noir de notre commune, notamment au chef-lieu, c’est incontestablement l’assainissement. 30% des bâtisses sises en ville ont recours à l’usage de fosses septiques. Nous avons sollicité la direction de l’hydraulique mais, à ce jour, rien ne nous a été inscrit. Quand à la prise en charge de ce secteur dans le cadre des PCD, cela relève de l’impossible avec une cagnotte insignifiante de 1,8 milliards de centimes. Pour ce qui est de l’environnement, l’état des lieux n’est pas reluisant, même avec l’acquisition de deux nouvelles bennes tasseuses. Hélas, nous n’avons pas encore de chauffeurs. Je saisi cette occasion pour lancer un appel au directeur de l’EPIC en vue de nous permettre de déposer nos ordures au CET de Boghni qui est plus près de notre région.

Le taux de raccordement au gaz naturel n’a pas vraiment évolué pourquoi ?

Pas comme nous l’avions souhaité hélas, car les entreprises sont défaillantes. Des réseaux achevés au chef-lieu depuis une année ne sont pas encore mis en service pour manque de détendeurs. Un programme RAR a été ficelé mais l’entreprise retenue refuse d’entamer les travaux. Au sujet du raccordement des villages des Ouadhias, le réseau de transport est à l’arrêt. Pour réaliser le réseau de distribution, deux entreprises sont engagées, la première travaille au ralenti avec seulement 4 ouvriers, la deuxième a abandonné le chantier pour s’occuper d’un autre chantier dans une autre commune. Nous interpellons le directeur de l’énergie et celui de la SDC pour intervenir dans l’immédiat, car la population en a assez d’attendre. D’ailleurs, rien ne dit que des actions de protestation ne seront pas organisées. Pour ce qui est de l’électricité nous avons décroché cinq opérations d’extension, mais seules deux ont été réalisées. Nous appelons, encore une fois, les responsables concernés à faire le nécessaire pour relancer les opérations inscrites.

Au sujet du fonctionnement de votre mairie, qu’en est-il de la délivrance de la CNI et du passeport biométrique ?

Nous travaillons le plus normalement du monde. Les passeports et les CNI biométriques sont délivrés rapidement, de même que le permis de conduire et les cartes grises. Les lenteurs et l’anarchie des précédentes années ne sont plus à l’ordre du jour, malgré le manque de personnel. Cela n’a pas été facile, nous avons dû instaurer une rigueur et de la discipline dans le travail. Je pense d’ailleurs, après quatre ans d’exercice, que l’administration doit fonctionner de la même manière que l’administration militaire basée sur la discipline et le respect de la réglementation, c’est la seule manière qui nous permettra d’avancer et d’être performant. Le laisser-aller ne doit plus avoir le droit de citer si on veut développer notre pays.

Pour terminer, avez-vous l’intention de vous représenter aux prochaines élections ?

Ecoutez, être maire n’est pas aussi facile que cela ne puisse paraître. C’est un travail fatigant et plein d’embûches, surtout pour celui qui vient uniquement pour travailler. C’est pour cela que je dois réfléchir à tête reposée pour prendre une telle décision. D’ici le mois de juin prochain, je serai normalement fixé là-dessus. Je remercie votre journal qui est présent sur le terrain.

Entretien réalisé par Hocine Taib

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