L’union de wilaya des aveugles a célébré la Journée internationale de la canne blanche qui coïncide avec le 15 octobre de chaque année.
Une célébration où les autorités locales et les responsables ont brillé par leur absence, ont déploré les organisateurs : «Nous n’avons reçu la visite d’aucune autorité ni d’aucun responsable de la DAS, la première direction censée se soucier du sort des non-voyants à l’échelle wilaya qui en compte environ 3 000», nous dira Mlle Wahiba Madjène, non-voyante rencontrée au siège de l’union. Avec son collègue Méziane, ils nous rappellent l’importance qu’a la canne pour le non-voyant : «La canne blanche est indispensable pour toute personne aveugle. C’est elle les yeux du handicapé visuel. Elle lui signale les obstacles sur son chemin et l’aide à traverser la route. Les gens reconnaissent l’aveugle à sa canne blanche». Et d’ajouter : «La canne blanche est une invention miraculeuse. Elle améliore sensiblement la qualité de vie de ses utilisateurs. Elle représente la liberté et l’autonomie !». Nos deux interlocuteurs poursuivront : «La canne est un outil dont nous ne pouvons nous passer, elle indique aux autres passants et aux conducteurs de véhicules nos limites visuelles. Elle détecte pour nous les moindres obstacles et dénivellations du sol». Ce ne sont malheureusement pas tous les non-voyants qui peuvent disposer d’une canne, d’autant que les techniques de sa fabrication évoluent. Méziane nous dira à ce sujet : «Luxe suprême, il existe des lunettes intelligentes que nous ne pourrons jamais avoir étant donné leur coût très élevé : 15 millions de centimes environ ! Il y a aussi la canne parlante qui indique l’obstacle à 5 m. Son prix est situé à 15 000 DA. La canne à sonnerie elle coûte 5 000 DA. Nous ne pourrons jamais aspirer à avoir ce luxe !». Nous apprendrons par ailleurs qu’à l’échelle mondiale, il existe en effet 6 types de cannes blanches : la canne pliante canadienne de type 1 et de type 2- la canne française- la canne pliante avec embout à ressort- la canne blanche avec embout Apam B – la canne électronique (Ultracane). La première version de la canne blanche est attribuée à l’artiste britannique James Briggs, qui a perdu la vue en 1921. La deuxième version est venue de France en 1930 du jeune aveugle parisien, Guilly d’Herbemont. En Amérique du Nord, on attribue le choix de la couleur blanche de la canne au Lions Clubs International, en 1930, dont les membres décidèrent de peindre la canne en blanc pour la rendre plus visible. Et c’est en 1931 que son utilisation fut généralisée sur tout le territoire des Etats-Unis.
M. A. Tadjer

