Des milliers de jeunes de la daïra d’Ouaguenoun tentent chaque année leur chance pour décrocher la carte verte et partir s’installer aux Etats-Unis dans le cadre de la fameuse DV Lottery qui offre, annuellement, des visas permanents à 50 000 personnes issues de différentes régions du monde.
Les cybercafés du Tikoubaine, chef-lieu de la daïra, connaissent ces jours-ci, une affluence record de citoyens de tous âges, de différentes catégories professionnelles et des deux sexes. Ils caressant tous le Rêve américain et partagent le désir d’élire domicile dans le pays de l’oncle Sam. Ces établissements ne désemplissent plus depuis le 4 octobre dernier, date de l’ouverture officielle des inscriptions à ce programme universel. Ornés de pancartes et de banderoles portant les couleurs du drapeau américain et de dessins représentant la statue de la liberté ces cybers proposent aux candidats à l’immigration, l’inscription à des tarifs allant de 150 à 200 DA. C’est une aubaine que ces commerçants savent très bien saisir. En effet, malgré que les inscriptions soient gratuites sur le site (www. dvlottery. state. gov) et les formulaires très simples à remplir puisque seules des informations d’état civil sont demandées, les postulants, dans leur grande majorité préfèrent avoir recours à ces intermédiaires : «Les gens sont plus rassurés que ce soient des connaisseurs qui se chargent de cette opération, car un grand nombre d’entre jouent la carte de leur vie. Donc, pas question de la gâcher par un faux clic», dira Kamel, gérant d’un cybercafé dans le chef-lieu de la daïra. Ils sont des dizaines à envoyer leurs candidatures quotidiennement à partir de son cyber : «On reçoit quotidiennement entre 40 et 60 demandes d’inscriptions. Les postulants sont en grande partie des étudiants et de jeunes diplômés, mais il y a aussi des illettrés, des chômeurs et des couples… Tout le monde veut tenter sa chance», a-t-il ajouté.
Le rêve qui fait courir tout le monde
Ce qu’ignorent nombreux postulants à la Green Card, c’est que le programme de visas d’immigration aux Etats-Unis n’obéit pas au seul fait du hasard, car le candidat doit impérativement satisfaire certaines conditions liées au niveau d’étude et à la qualification: il doit justifier d’un baccalauréat ou cumuler deux ans d’expérience durant les cinq dernières années dans des domaines spécialisés. Pour les heureux élus au tirage au sort, ils doivent obtenir une note de sept points minimum lors de l’entretien avec l’officier consulaire. Cependant et de l’avis de quelques patrons de cybercafés de la localité plusieurs personnes sont très loin de répondre aux critères, mais elles s’obstinent à y prendre part: «Il y a une catégorie de gens qui participent à la loterie par désespoir. Ils savent très bien que leurs candidatures ne pourront pas être concluantes, mais ils s’entêtent à s’inscrire chaque année, histoire d’entretenir l’illusion de pouvoir fouler le sol américain», explique O. Akli, un jeune coiffeur qui s’inscrit pour la 3e année consécutive. Il ajoute: «Moi, je ne perds rien en participant. Si je gagne tant mieux, sinon Allah ghaleb». Autre fait notable, l’engouement de la gent féminine qui s’est mise aussi de la partie en quête du rêve américain. Elles sont en effet des dizaines à envoyer leurs candidatures via internet, tous les jours. «J’ose même dire que l’affluence féminine est plus importante que celle masculine. Il y a plusieurs cas de filles de la région qui ont gagné la loterie lors des précédentes versions et elles sont actuellement aux Etats-Unis. Pour la majeure partie d’entre elles, elles se marient d’abord et partent avec leurs époux», nous informe le propriétaire d’un cybercafé du côté de Boudjima. Pour rappel, les inscriptions à ce fameux programme sont toujours en cours et s’étaleront jusqu’au 7 novembre prochain, alors que les résultats seront communiqués durant le mois du juillet 2017. En attendant, on ne peut que souhaiter bonne chance à tous ces candidats.
Oulagha Ahmed

