Aïn El Hammam – L’euro en hausse sur le marché parallèle

Faute d’obtenir des devises au niveau des banques, les citoyens désireux de voyager à l’étranger ont recours au change parallèle où toutes les monnaies sont disponibles. Il suffit d’y mettre le prix. Sur la place de Michelet, les nombreux cambistes pratiquent le même taux, avec parfois une légère différence. De bonne heure, ils prennent place et attendent «un appel d’Alger» qui fixe les prix à l’achat et à la vente comme une vraie banque. C’est, souvent, à partir de neuf heures qu’ils peuvent renseigner leur client. Comme la veille, dimanche matin, les prix sont stationnaires. Interrogé un revendeur qui tient aussi un commerce au centre ville nous parle «d’une tendance à la hausse» puisque «le taux est passé de 17, 90 à 18,00 en l’espace de quelques jours, même si, aujourd’hui, il n’y a pas de changement». Divers facteurs peuvent influer sur le cours. En cette période, la demande est moins forte que durant l’été où les vacanciers qui désirent se rendre de l’autre côté des frontières procèdent au change de sommes importantes. Quant à la disponibilité de l’Euro, la monnaie principale des tractations, elle provient surtout des retraités de France qui perçoivent leurs pensions à partir du 20 de chaque mois. Il n’est donc pas impossible que le cours stagne, nous dit un autre cambiste. Il va de soi qu’ils refusent de nous dire le bénéfice qu’il tire de ce marché ni de l’importance des sommes qu’ils transfèrent régulièrement vers Alger. Les pensionnés de la caisse française des retraites ont chacun leur acheteur attitré qu’ils rencontrent le jour du virement effectué au profit de la Banque algérienne de développement rural (BADR) qui sert de relai avec la CNAV. Lorsqu’il arrive que la BADR soit en rupture de stock, ce sont les cambistes qui viennent au secours des retraités. Contre un chèque à honorer plus tard, leur client leur concède une avance équivalente en dinars. «Les chèques se vendent moins cher», nous dit-on. C’est d’ailleurs l’astuce utilisée par ceux qui évitent de se faire attraper avec des sommes importantes, au moment de passer la frontière. Ainsi «le change» s’effectue par téléphone. «Il suffit de payer ici les cambistes en dinars pour qu’un de ses amis vous remette des devises de l’autre côté de la mer» explique notre interlocuteur. En continuant à limiter l’allocation de voyage à cent trente Euro, les banques contribuent, même indirectement, à pérenniser cette situation.

A. O. T.