Des citoyens d’El-Esnam résidant au cœur de Hai El Foustouk, communément appelée Cité Pistache, sont montés au créneau, hier matin, en organisant un sit-in devant le siège de la wilaya. Ces citoyens accompagnés du secrétaire général de la daïra de Bechloul ainsi que du maire par intérim d’El-Esnam revendiquent l’attribution de logements dans le cadre du RHP. Selon les contestataires, sur les 30 familles recensées dans ce bidonville, seules 25 auraient bénéficié de logements. «Nous avons sollicité à maintes reprises le chef de daïra, mais ce dernier refuse d’accorder plus de deux logements par famille alors que nous sommes 4 à 5 foyers dans chaque famille. Je suis marié et père de deux enfants, mon frère est également marié et père de famille en plus de ma mère et de ma sœur, il est inconcevable que nous ne puissions pas bénéficier de 3 logements», déplore Rachid, se disant discriminé par cette manière de distribution de logements. Pour les protestataires rencontrés devant le siège de la wilaya, il y aurait actuellement près de 150 logements achevés et prêts à accueillir les habitants de la cité Pistache. «Nous ne comprenons pas cette méthode d’attribution. Nous avons été destinataires de convocations en date du 14/06/2015 et ce n’est qu’aujourd’hui que l’on nous informe que nos familles ne pourront pas être relogées dans leur intégralité. C’est aberrant !», déclare notre interlocuteur. Pour M. Messaoudi, un quinquagénaire habitant ce bidonville, il est inconcevable de ne pas attribuer un logement pour chaque foyer. «Nous sommes frappés par l’interdiction du chef de daïra de bénéficier d’un appartement pour chaque foyer. J’ai trois fils mariés et pères de familles et trois filles non mariées vivant avec nous. Nous devons loger dans au moins quatre logements. Nous ne demandons pas l’impossible», dira-t-il. À souligner que l’ensemble de ces familles habitants dans ce bidonville affirment avoir fui le terrorisme en 1996 en quittant leur village. «Nous avons trouvé refuge ici dans les années 90, mais un refuge plus que précaire avec comme gites des baraques de fortune érigées grossièrement en parpaings, même pas crépies, et dont les toits sont de simples tôles galvanisées. Entre ces taudis, des caniveaux sommairement aménagés dans lesquels stagnent des eaux usées. Les odeurs pestilentielles qui se dégagent des évacuations de ces eaux usées ne sont pas faites pour éviter rongeurs et autres bestioles nuisibles. Des câbles électriques qui pendouillent entre nos bicoques font craindre le pire car un simple frottement contre un mur pourrait aisément enflammer cet immense amas de baraques insalubres», déclare notre premier interlocuteur. Aux environs de 14h et après avoir essuyé un refus de la part du chef de cabinet de la wilaya, ne voulant pas les recevoir, c’est du moins ce qu’ont affirmé le secrétaire général de la daïra de Bechloul et le maire par intérim d’El-Esnam, les contestataires sont rentrés chez eux afin de se concerter et de voir la suite à donner à leur action. Pour eux, ne pas pouvoir bénéficier de plus de deux logements est une sanction inavouée car, selon eux, «en 2010, lors du dernier recasement RHP, certaines familles avaient bénéficié de 5 logements».
Hafidh B.
