Des centaines de travailleurs communaux ont répondu, hier, à l’appel à la marche nationale de la fédération des travailleurs communaux. Dès la matinée, la place de l’ancienne gare, point de départ de la marche, a abrité un sit-in des protestataires ainsi que de différentes fédérations affiliées au SNAPAP, venues en soutien aux communaux, à savoir l’éducation, la santé, et l’enseignement supérieur. Des banderoles et affiches, représentant les différentes régions et fédérations, étaient visibles sur place. Pour ce qui est de la dimension nationale de cette action, elle a été traduite par la participation de plusieurs wilayas dont Béjaïa, à travers les fédérations d’Okas et d’El Kseur, Batna, Chlef, Alger, Ghardaia, Tipaza, Oran, Bouira, ainsi que Bordj Bou Arreridj. Avant la prise de parole, les présents ont commencé par observer une minute de silence à la mémoire des martyrs de la révolution à l’occasion du 62ème anniversaire de la guerre de l’indépendance. Puis d’emblée, M. Kindriche Hakim, coordinateur du SNAPAP Tizi-Ouzou et animateur du sit-in, a indiqué que l’action est une continuité des autres actions entreprises depuis le mois d’avril, à savoir la grève cyclique de 3 jours chaque mois, ainsi que la marche de Béjaïa le 27 septembre passé. Le coordinateur a rappelé les principales revendications et préoccupations des communaux, notamment la retraite anticipée dont ils refusent l’annulation, car considérée comme «un acquis pour les travailleurs, et ce, depuis 1994». Un autre point important sur lequel le coordinateur du SNAPAP de la wilaya s’est attardé, est l’article 87 bis dont il demande l’abrogation. Le SNAPAP, à travers M. Kindriche, tire la sonnette d’alarme sur la loi de finances 2017 qu’il qualifie de «catastrophe qui s’abattra sur le peuple algérien». De son côté, Mme Ghozlane, secrétaire générale du SNAPAP, venue d’Alger pour «apporter son soutien à la fédération de Tizi-Ouzou et au secteur des collectivités locales», a parlé du code du travail : «Le SNAPAP a déposé plainte contre le gouvernement algérien au niveau du bureau international du travail. Ne répondant pas aux conventions internationales du travail, ce projet de code du travail constitue un recul pour nous les travailleurs. Il serait impératif de militer pour sa révision par le gouvernement algérien», a-t-elle déclaré. La responsable syndicale réclame également «l’ouverture du dialogue avec le syndicat ainsi que la satisfaction de sa plateforme de revendications». Par ailleurs, Rachid Malaloui, président du CGATAM, n’a pas mâché ses mots en tirant à boulets rouges sur l’UGTA de Sidi Saïd, notamment après ses dernières déclarations où il a considéré que les actions du SNAPAP étaient menées dans l’unique but de perturber le pays. Après les autres prises de paroles, les présents ont entamé, femmes en tête, leur marche. Les protestataires ont traversé les rues de la ville en se dirigeant vers le siège de la wilaya de Tizi-Ouzou, en scandant plusieurs slogans portant leurs revendications. Arrivés au siège de la wilaya, les protestataires se alors sont dispersés dans le calme.
Kamela Haddoum

