Dans le cadre du soixantenaire de Nedjma (œuvre de Kateb Yacine), le théâtre régional Kateb Yacine a abrité, dans l’après-midi du dimanche dernier, la pièce intitulée «La poudre d’intelligence», du metteur en scène Lyes Mokrab. Elle a été présentée par les étudiants «La Nova» du département de français de l’université Mouloud Mammeri. «Le choix de la pièce La poudre d’intelligence est plus facile pour pouvoir la préparer en quelques jours (environ une semaine de travail). Cette pièce est maniable car des scènes lui ont été amputées volontairement, étant donné le temps imparti pour sa préparation», dira le jeune dramaturge Lyes Mokrab. Selon ce dernier, quatre aventures ou tableaux ont été présentés par les six comédiens. Le premier tableau est l’achat par Nuage de fumée d’un âne qui rejette des louis d’or. L’idée n’est pas fortuite, car de nos jours on livre à la population des mensonges vrais dont l’auteur se fait une fortune. Ce personnage principal (Kaci) qui se montre intelligent, rusé, trompe tout le monde par sa philosophie est soutenu par sa femme Atika (Imane) qui l’approuve tout le temps, car il fait avaler les couleuvres avec une facilité déconcertante à une population analphabète. Le second tableau est celui de faire du «sable la poudre d’intelligence» pour tromper les gens, non seulement de la localité mais aussi ceux habitant à quelques kilomètres à la ronde. La troisième aventure est le vol de 99 louis d’or à un marchand (Lydia) qui paiera à ses dépends. Les seconds rôles, mais indispensables, sont assurés par le roi (Yuva) qui croit toujours à la version et aux conseils de son officier (Hocine) même si la décision qu’il aura prise est vouée à l’échec. Le commerçant (Lydia) s’est fait facilement floué par Nuage de fumée qui réussit par enchantement ses tours, notamment quand le roi est mis à l’épreuve en humant la poudre d’intelligence (4ème tableau) qui, dans son esprit, lui favorise l’intelligence. Une scène identique à celle des charlatans de la roqia. Certaines expressions, telles fils /fille de&hellip,; les blasphèmes auraient pu être évitées mais le metteur a voulu garder le cachet katébien. «C’est le théâtre de rue de Kateb, je n’ai pas à l’amputer de ces caractéristiques», dira le réalisateur. Cependant, ce dernier est d’accord à ce qu’il revoit le temps mis et qui parait exagéré par les sujets qui font des courbettes devant leur roi. L’intonation, la diction et l’articulation chez certains comédiens sont aussi à perfectionner. Elles nécessitent la maîtrise de la langue française. «Cette pièce est montée depuis dimanche soir, soit une semaine d’efforts soutenus. La troupe est tout de même à encourager. Car jouer Kateb Yacine n’est pas de tout repos», soulignera-t-il. En somme ce n’était pas ça «la poudre d’intelligence» de Yacine !
M. A. Tadjer
