Le producteur en parle – «L’idée du film est venue d’un constat réel»

La Dépêche de Kabylie : Comment vous est venue l’idée d’un documentaire sur les décharges ?

Tahar Yami : L’idée de ce documentaire est venue suite au constat que tout le monde fait au quotidien, car on ne peut rester insensible devant ces montagnes d’ordures qui jonchent nos rues et les envahissent de plus en plus aux dépens des beaux sites que nous connaissons à la Kabylie. C’est pour moi donc, une façon de choquer et d’alerter les gens sur la gravité de la situation, mais surtout sur la responsabilité de tout un chacun, car nombre de citoyens n’hésitent malheureusement pas à user de comportements qui relèvent de l’incivisme. Devant ces déchets qui s’accumulent, il y a des solutions à adapter sans détruire l’environnement.

D’après vous, le but a-t-il été atteint ?

La projection s’est faite dans les meilleures conditions, et selon les échos qui me parviennent, et le débat qui a suivi la projection du documentaire, le public semble réactif à voir ses réalités quotidiennes projetées sur l’écran. 26 minutes sont insuffisantes pour un tel sujet de fond aux retombées futures, mais on ne compte pas en rester là. En effet, on a programmé de projeter le documentaire Décharge interdite ? dans quelques localités qui nous ont contactés. Des associations dont celles d’Illilten et de Ouadhias ainsi que la direction de l’éducation, nous ont également sollicités.

La réalisation d’un tel documentaire peut-elle être considérée comme une alerte sur le comportement négatif des uns et des autres?

Moi je pense qu’il faut mettre le doigt là où ça fait mal, pour espérer le changement à l’avenir. Je rencontre des gens qui me disent de ne pas montrer de telles images de la Kabylie, mais moi je pense qu’aimer sa région c’est d’abord voir ce qui ne va pas en elle. C’est en vulgarisant un problème comme celui de l’insalubrité publique qu’on peut contribuer à sa résolution. 26 minutes c’est court pour parler d’une situation de fond, comme celle des décharges sauvages, un phénomène qui a d’ailleurs tendance à se généraliser à travers les communes de notre wilaya.

Le documentaire est projeté pour la première fois ici à Tizi-Ouzou…

Le documentaire a déjà été projeté une première fois à Azzefoun lors du festival du film Amazigh, où il a reçu le prix spécial du jury. Par ailleurs, il a été projeté en France, sur Berbère Télévision, et Beur TV. Mais aussi aux USA. Et nous allons prochainement réaliser sa projection dans toute la France afin de sensibiliser même la communauté émigrée.

D’autres projets en perspective ?

Je compte rester dans le même sujet, pour attirer l’attention sur tous les problèmes dont souffre la société. Malheureusement, on ne peut être à court d’idée ! Il suffit de faire un petit tour en voiture pour se retrouver face à l’ampleur du désastre dans lequel se débattent nos citoyens. Mes projets de réalisation sont en fait tous les points qui touchent à la jeunesse et à l’éducation.

Propos recueillis par Tassadit Ch.