Oudjellil Les grignons, ce fertilisant en vogue chez les paysans – A utiliser avec beaucoup de précaution !

Les grignons et les margines sont des sous-produits obtenus après la trituration des olives. Ils sont considérés comme des fertilisants de très bon aloi, en ce sens qu’ils sont particulièrement riches en azote. Malheureusement, chez nous ces engrais naturels sont toujours jetés dans la nature sans aucun ménagement. Néanmoins, il a été relevé dans la localité de Boudjellil l’utilisation de ces déchets par un nombre limité de paysans. Dans certains champs plantés d’oliviers, les propriétaires ont épandu sur les surfaces des quantités du compost de grignons broyés afin de servir d’engrais naturel pour leurs cultures. Cette opération a été lancée il y a une année de cela. Elle consiste, dans un premier temps, à étaler sur la surface du compost de grignon, récolté auprès des presses de la région. Une année après, et afin de laisser ce sous-produit des olives « reposer » et dégager toutes les matières organiques qui entrent dans la fertilisation (potassium, azote, nitrates,… ), la terre se retourne avec un araire, et ce, pour permettre aux grignons, devenus engrais naturel, de pénétrer le sol et de profiter aux plantations. Cette opération s’effectue par certains paysans, car les terres dans cette région, calcaires et de type presque steppique, sont pauvres en minéraux nutritifs essentiels pour les cultures. Et puis, dans cette région qui donne directement sur les chaînes montagneuses des Bibans, presque dégarnies de forêts de pinèdes, la pluviométrie n’est pas aussi forte pour que les terres soient bien irriguées. Néanmoins, même si les grignons et les margines constituent indubitablement des fertilisants de qualité et ne présentent aucun danger pour la santé du consommateur, contrairement aux engrais chimiques, il n’en demeure pas moins que leur utilisation obéit à certaines précautions qu’il faudra prendre au préalable. Tout compte fait, il est recommandé aux fellahs de ne pas épandre les composts de grignons et de margines sur des terres où se trouvent des eaux superficielles (puits, rivières, retenues,… ), car ces sous-produits polluent l’eau. Il y a aussi l’étude préalable du sol, en ce sens qu’il ne faut pas répandre ces fertilisants naturels sur des sols sableux et caillouteux, car les pluies peuvent facilement entraîner l’azote dans les profondeurs de la terre. Aussi, il y a un certain dosage à respecter pour ne pas transformer ces sous-produits en poison pour les cultures.

S. Y.