Béjaïa Critique théâtrale – Formation à l’intention des journalistes

Les journalistes et correspondants locaux ont reçu une formation autour du thème «Critique théâtrale», lors de la 8ème édition du festival international de théâtre à Béjaïa. Trois animateurs spécialistes en journalisme et en critique théâtrale, en l’occurrence Jean Pierre Han, Sadia Saïri et Alice Carré, se sont déplacés, de France, pour apporter leur touche sur la critique théâtrale destinée aux nombreux journalistes qui ont pu s’y rendre. «Ceux qui écrivent, le plus souvent, sur le théâtre, n’ont pas de relation avec le théâtre !», avance d’emblée Jean Pierre Han. Au fil des interventions, les choses commençaient à s’éclaircir dans les esprits des présents. Pour faire connaitre leurs produits, tous les théâtres médiatisent leurs productions. Jean Pierre Han estime qu’il est «intéressant d’écrire sur la critique d’un spectacle, et se méfier des expressions qui n’ont rien à voir avec le spectacle ! Le journaliste doit retenir que cette critique est destinée à trois catégories de lecteurs : ceux qui ont vu la pièce, ceux qui ne l’ont pas vue et ceux qui ont écrit et joué la pièce». Et d’ajouter : «c’est aussi une question d’ontologie». Faisant allusion à toute interférence des chefs de journaux qui pourraient s’interposer sur un élément précis, Sadia Saïri souligne que l’autonomie du journal dans la critique théâtrale est indispensable. Le discours informel et la critique théâtrale pourrait contribuer à l’amélioration de la pièce. La comparaison entre le cinéma et le théâtre est de taille. En effet, «Le cinéma ne change pas, alors que la pièce est changeable et manipulable, car il faut tenir compte de ce qu’on nous demande», précise notre interlocutrice. Le plus important, aussi, c’est «d’être honnête dans la critique théâtrale et non faire plaisir au rédacteur en chef, ou tout autre responsable du journal. C’est justement ça qu’attend le lecteur du journaliste : une critique objective et argumentée», conclut-t-elle. Alice Carré se montre plus précise en déclarant: «il n’y a pas, de part le monde, d’école spécifique pour la critique théâtrale ! La critique est aussi une analyse qui prend des tournures et des amplifications suivant les circonstances». L’animatrice explique qu’une critique théâtrale est aussi «une information pédagogique» et préconise de voir «tout ce qui se passe autour de la pièce, en passant par différentes sensations et éviter la dérive analytique et l’autocensure. Cette dernière n’est pas le propre des journalistes d’un pays déterminé», insiste-t-elle. La deuxième journée était plutôt une séance pratique que théorique ou générale. Le groupe a fait une critique théâtrale de deux pièces déjà vues la veille dont; «Le porteur d’histoire» d’Alexis Michalik (Molières 2014 de la mise en scène du meilleur texte). Cette dernière a été jouée par la troupe «Mises en capsules France». Par ailleurs, le travail de la critique s’est basé sur un article paru dans la Dépêche de Kabylie Béjaïa. Un article décortiqué au cours d’une longue séance.

M. A. Tadjer