La desserte de Benkhalfa

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L’auditorium du campus d’Aboudaou était plein à craquer, hier matin, à l’occasion de la venue de M. Abderrahmane Benkhalfa, ancien ministre des Finances, pour y animer une conférence aux profits des étudiants de la faculté des sciences économiques, commerciales et sciences de gestion et des enseignants et travailleurs de l’université de Béjaïa. «Les stratégies de sortie de la dépendance aux hydrocarbures» est le thème de l’intervention de l’ex-ministre, invité par l’université dans le cadre de sa stratégie et de son dynamisme. Plus d’une heure durant, l’orateur dissertera autour de la situation économique du pays, tout en citant des exemples d’autres pays. Bien entendu, il rappellera l’embellie financière du pays et la situation actuelle, tout en mettant l’accent sur la stratégie à adopter pour une sortie de crise. Pour le conférencier, la révision à la baisse des budgets doit se faire d’une manière sélective pour éviter de pénaliser certaines couches. D’ailleurs, il fera remarquer qu’en réalité, en Algérie, il y a deux salaires : celui porté sur la fiche de paie et celui qui comporte les subventions étatiques, car le citoyen consomme beaucoup de produits subventionnés. En parlant de stratégie de redressement économique, il citera les ressources fiscales et parafiscales et le recours à l’endettement. Pour ce dernier point, il dira que la dette doit aller à l’investissement qui produit le retour et non au subventionnement des produits. Il soulignera aussi que l’Algérie possède un niveau de business faible et un salariat trop élevé. En gros, l’ancien ministre présentera, sous une autre forme, le programme du gouvernement et parlera de l’ajustement budgétaire, du ciblage des subventions et de certaines solutions, telles que la mobilisation des ressources et autres. Il s’en est suivi un débat et la question lancinante qui a attiré l’attention était celle relative à la proposition du conférencier quant à une sortie de crise dans deux années alors que l’État n’a pas pu parvenir depuis deux décennies. Questionnée sur les buts de son université quant à l’organisation de cette conférence à laquelle ont été également invitées quelques sociétés partenaires de l’université et la délégation locale du FCE, Docteur Aïda Benhamida, vice-recteur chargée des relations extérieures, dira : «Cette rencontre a été organisée au profit des étudiants et enseignants avec un thème qui est un sujet d’actualité, vu la crise économique et financière que vit actuellement notre pays et qui nécessite un recours impératif à d’autres sources hors-hydrocarbures». Le conférencier a été choisi, soulignera-t-elle, «par rapport au capital-expérience qu’il cumule en qualité d’ex-ministre des Finances et au thème qu’il maîtrise assez bien».

A. Gana

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