Pour résorber la crise du logement qui malmène des pans entiers de la population algérienne, l’état a prévu plusieurs formules dont le programme AADL dans ses deux versions 1 et 2.
Mais ce programme qui constitue le rêve de milliers de familles à Tizi-Ouzou est loin de se concrétiser. Depuis 2001, des milliers de postulants attendent leurs logements. Certains souscripteurs de 2001 ont déjà payé deux tranches, mais leurs logements demeurent sur maquettes. Une dame habitant à Iferhounène pestera : «J’attends ce logement depuis 2001 et le bout du tunnel semble s’éloigner un peu plus chaque jour. Je loue une maison qui engloutit la moitié de mon salaire. Ce n’est pas juste de faire attendre les familles aussi longtemps». Un autre citoyen, que nous avons rencontré à Tizi-Ouzou, déplorera non sans rancœur : «Il paraît que vers la fin de l’année, un premier quota de 600 logements va être distribué. Ces logements concerneraient les souscripteurs qui ont déposé leurs dossiers les 18 et 19 août 2001. Je me suis alors dit que ça allait peut-être être la fin d’un long cauchemar puisque j’ai déposé le 19 août 2001. Hélas, une fois à l’agence, mon nom était est introuvable, pourtant j’ai déjà payé deux tranches». Du côté des Ouadhias, c’est le même son de cloche, les souscripteurs ne savent plus à quelle autorité s’adresser. 15 ans après, les logements ne sont toujours pas livrés. Pire encore, certains chantiers n’enregistrent qu’un taux d’avancement de 0,5% et d’autres ne sont même pas encore lancés. Une source sûre nous a remis un état des lieux officiel remontant au 26 septembre dernier. A signaler que dans le document, le nombre de souscripteurs est toujours indéfini à cause de recours, de filtrage et de désistements.
Les chantiers des 2000 logements d’Azazga et de Draâ El-Mizan à un taux d’avancement de 0,5%
Au pôle d’excellence où 2000 logements sont inscrits, le taux d’avancement est de 18%. A Draâ El-Mizan, où il y a un projet de construction de 1 000 unités, le taux n’est que de 0,5% et à Azazga, les 1 000 logements sont au même taux, soit 0,5%. Autant dire que les travaux ne sont pas lancés. Pour expliquer ce retard, l’agence invoque plusieurs contraintes. Au pôle d’excellence, ce sont les oppositions, la nature du sol, le retard dans l’actualisation du POS, le non-achèvement des pistes, l’absence de VRD et la non approbation de l’étude relative à L’AEP qui sont avancés. En somme, rien n’est fait pour accueillir ce programme. A Draâ El-Mizan, les 1 000 logements feraient objet d’oppositions, outre la présence d’une ligne électrique de moyenne tension, de déblais et de matériel d’une autre entreprise, d’une conduite d’assainissement qui nécessite d’être déplacée et des lenteurs dans l’envoi des dossiers de plan de masse à la DUAC par le ministère de l’Habitat. Là aussi, autant reconnaître que presque rien n’est fait. A Azazga, c’est le même topo. Les raisons invoquées sont des oppositions et un avis défavorable de la direction de l’emploi à la demande de permis de travail pour les ouvriers chinois. Mais le comble, c’est que l’assiette ciblée se situe à l’intérieur d’un projet de 1000 logements OPGI en cours de réalisation par une autre entreprise. A Aghribs, le projet des 500 logements, qui avait fait objet d’opposition, a été délocalisé en août dernier seulement et l’étude vient à peine d’être relancée. A Tamda, les 200 logements ne sont qu’au stade de l’établissement des marchés, et le plan de masse n’est toujours pas approuvé. Au pôle d’excellence, les négociations sont en cours avec l’entreprise. Dans tous les cas de figure, les souscripteurs concernés devront prendre encore leur mal en patience. C’est dire que les responsables concernés sont interpellés pour faire aboutir tous ces chantiers, afin d’apaiser les souffrances de milliers de familles.
H. T.

