Conférence de l’ANR-UDR

La salle de conférences du Centre culturel a abrité en ce jour d’ouverture de la campagne électorale une conférence donnée par Arezki Boumendil, en présence du Dr Benekla Hacène Salah et Salah Tiza. M. Boumendil a dressé d’abord un état des lieux de la situation du pays sur les plans socio-économique et politique, en mettant en exergue la situation de la Kabylie où les indicateurs paraissent à chaque fois accentués, que ce soit sur le plan du chômage ou de l’insécurité. D’emblée, il fixa le tempo de son intervention : « La Révolution a été détournée ! Il y a eu un véritable hold-up politique à l’Indépendance ». Il dénoncera l’incurie des responsables politiques qui ont fait montre d’impéritie dans la conduite des affaires de la nation. « Avec autant de richesses, nous aurions dû au moins avoir le niveau de développement de l’Espagne, moins dotée que nous ». Il citera les défaillances sectorielles, en insistant sur le secteur éducatif moyenâgeux, regrettant que notre pays qui a eu toutes les chances pour bien démarrer se retrouve aujourd’hui à patauger dans des situations dépassées sous d’autres cieux. Il citera les faiblesses de notre économie réduite à vivre dangereusement de la rente, le chômage structurel, la menace permanente de l’islamisme et de son corollaire, le terrorisme. Comment sortir de ce bourbier ?

M. Boumendil affirme que personne aujourd’hui ne détient la solution miracle tant les problèmes sont profonds et complexes. Mais il a tenu à tracer des lignes directrices qui peuvent servir de train vers la destination développement. Au plan politique, une alliance plus large et vitale autour des idéaux républicains. A ce sujet, il citera l’alliance contractée entre l’ANR, l’UDR et une aile du MDS. C’est un noyau qui peut et doit être renforcé par d’autres parties de la mouvance démocratique. « Les différences entre un militant du RCD, du FFS et de l’UDR sont minimes.

On partage la même vision de l’avenir de la nation. Les frilosités qui font obstacle à chaque tentative de regroupement ne sont donc sous-tendues que par des ambitions de leadership. Il faut dépasser ces réticences », ajoute M. Boumendil. Il ajoutera que le regroupement républicain est vital devant la menace islamiste. « Ils sont dans le maquis à tuer des inoncents, dans l’opposition légale sous forme de partis politiques et au gouvernement ». Il revint sur l’arrêt du processus électoral en 1991. « A ce sujet, je tiens à rendre hommage à tous les acteurs politiques qui ont joué le rôle éminent et historique de sauvetage de la nation en empêchant le deuxième tour des élections mortelles de 1991 ». Sur le plan économique, il soulignera la nécessité de développer le secteur agricole en y installant les technologies modernes, de façon au moins à couvrir les besoins de la population. Le secteur du tourisme devra être réhabilité. A ce sujet, le conférencier s’étonne que des pays comme la Tunisie ou le Maroc puissent vivre du tourisme alors que réunis, ils n’ont pas les potentialités de notre pays. Il citera la diversité de nos paysages allant du Sahara aux montagnes kabyles. Les 1 200 km de côtes sont en jachère et doivent être développés. M. Boumendil dut répondre ensuite aux nombreuses questions du public attentif qui ont porté sur l’alliance républicaine, l’insécurité, le concept d’autonomie. Là-dessus, M. Boumendil dira que « toute l’Algérie nous appartient, pour ma part je refuse de céder un mètre carré de ce territoire qui est l’Algérie. La Kabylie, c’est l’Algérie et l’Algérie c’est la Kabylie ». A un interlocuteur qui lui reprochera d’avoir quelque peu ménagé le pouvoir,

M. Boumendil rappellera son affirmation du départ. « J’ai dit que la Révolution a été confisquée. L’état de déliquescence actuel de la nation est de la responsabilité du pouvoir qui a fait preuve d’une formidable incurie. Mais nous aussi ne sommes pas innocents.

Comment demander au pouvoir de se démocratiser si nous ne donnons pas l’exemple dans les partis politiques ? », ajoutera-t-il. C’est la fatigue visible des conférenciers (c’est la deuxième journée) qui mit fin au débat. Mme Benakla fut satisfaite de l’intérêt et de l’attention du public ainsi que du niveau relevé des interventions. La campagne électorale vient de commencer et les photos des candidats font déjà leur apparition sur les tableaux d’affichage devant lesquels s’agglutinent les citoyens.

Amarouche M.