Le poète chante et se confie…

Partager

Déjà avant 20h l’ambiance était celle des fêtes dans l’auditorium. La plupart des invités est constituée de familles. On aperçoit des personnalités du monde de la culture, à l’image de Slimane Hachi et de Belkacem Hadjadj. Les animateurs de l’émission étaient sur le qui-vive depuis la matinée. Arezki Azzouz, Mazigh Guerfi, Mouloud-Djamel Amrani, et les autres sont même stressés car la Chaîne II n’a pas l’habitude d’abriter ce genre d’événement grandiose. Sur leur visage, la détermination et l’engouement sont visibles “nous tenons absolument à faire de cette émission un succès car cela permettra de rehausser l’aura de la Chaîne kabyle”, nous confiait Arezki Azzouz, quatre heures avant le début du spectacle. Chose promise chose due. Dans la salle archicomble déjà, les derniers arrivés sont contraints de suivre le spectacle debout. L’événement allait durer deux heures et demie. Les musiciens accèdent à la scène les premiers puis, Lounis, accompagné d’Arezki Azzouz, s’installe autour d’une table fleurie. Les applaudissements et les youyous nous rappellent que nous sommes entre Kabyles. L’animateur invite Lounis à interpréter la première chanson. Ce dernier choisira le premier titre qu’il avait interprété à l’âge de 17 ans dans l’émission Les chanteurs de demain, animée à l’époque par Chérif Kheddam. Et à l’équipe de Tibugharin Guid” de livrer une surprise aux auditeurs. Chérif Kheddam est intervenu de Paris pour apporter son témoignage et son appréciation sur Lounis : “Lorsqu’il s’est présenté à une émission en 1967, il était tout jeune et timide mais ça se voyait qu’il était destiné à une grande carrière et ajourd’hui cela s’est confirmé : tous les Kabyles reconnaissent que Aït Menguellet et un grand artiste qui a donné beaucoup à la langue kabyle”. Deuxième surprise de l’émission venant d’Arezki Azzouz : l’intervention de Kamel Hamadi, qui a été contacté à Paris pour évoquer Lounis, a livré les mêmes impressions. Hamadi a, pour rappel, composé les toutes premières chansons chantées par le fils d’Ighil Bouamas.L’émission se poursuit alternant chansons et débats à bâton rompu. Quelqu’un remettait à Rezki Azzouz les questions parvenues par e-mail. Un fan de Mostaghanem inaugurera la série de questions suivie de deux autres. L’animateur Mouloud recueillie, dans la salle, d’autres questions.Une dame de Tala N’Tazart demande presque sur un ton de reproche pourquoi Aït Menguellet n’a pas conservé son style traditionnel d’antan. “Quand j’ai mis votre dernière cassette, j’ai eu du mal à reconnaître qu’il s’agissait du même Aït Menguellet que celui que nous écoutons depuis trente-huit ans. Vous nous avez habitués à chanter uniquement avec la guitare et maintenant on se retrouve devant tout un autre style, pourquoi n’êtez-vous pas resté dans la même voie ?”, demande la dame. Et à Lounis de répondre : “En intégrant l’orchestration, j’ai voulu au contraire bien faire, sincèrement. Quand j’ai écouté, je n’ai pas eu l’impression que les chansons ont perdu leur âme. L’habillage musical a rendu les produits plus beaux. C’est du moins ce que je pense”.Dans une ambiance décontractée, les fans ont continué à poser des questions à leur idole qui répondait au fur et à mesure. La soirée s’est déroulée dans un climat serein et, quand Lounis chantait, le public écoutait dans un silence magistral. C’est un cadeau qu’a offert la Chaîne II à ses auditeurs en ce vendredi soir.

Aomar Mohellebi

Partager