Aïn El Hammam – Les parents d’élèves inquiets

En plus de paralyser divers secteurs, la grève cyclique initiée par l’intersyndicale pénalise en premier lieu le secteur éducatif. Le débrayage, n’ayant pas été suivi par tous les enseignants, ne va pas sans créer des perturbations au niveau des établissements scolaires. Beaucoup d’élèves qui se sont présentés dans leurs lycées et collèges ont été renvoyés, suite à l’absence de leurs professeurs. Ils se retrouvent alors à arpenter les rues de la ville après avoir tourné en rond devant leurs écoles. Par groupes, les filles rejoignent leur domicile bien avant l’heure de sortie. «Les cours ne sont dispensés que par quelques professeurs non grévistes», dit l’une d’elles. Quant aux garçons, cartable sur le dos, ils préfèrent vadrouiller. «Nous n’avons rien à faire à la maison. Alors on rentre le plus tard possible», confie un élève d’une classe de terminale. Pour éviter de remplir les salles de permanence, les administrations optent pour une organisation pédagogique provisoire, permettant aux enseignants et aux élèves de travailler sans discontinuer et de garder les autres dans des salles sous la surveillance du personnel disponible. Les parents, très inquiets, ne cessent de rappeler que «la scolarité des enfants est encore une fois perturbée par ces grèves à répétition. Lorsque ce ne sont pas les élèves qui débraient, c’est le personnel enseignant. Il est inutile qu’on nous dise, comme chaque année, que les leçons seront rattrapées. Les enfants issus de familles aisées ne perdent pas de temps. Ils profitent de ces jours de repos forcé pour suivre les cours de soutien payants. Quant aux autres, ils ont le Bon Dieu», lâche un père de famille. «Décidément, nos enfants n’auront jamais une année entière», peste un autre parent. Au café comme dans la rue, les parents d’élèves se demandent comment leurs enfants vont rattraper le temps perdu ? On se souvient qu’au début de l’année scolaire, les lycéens avaient observé des arrêts de cours pour protester contre la limitation de leurs vacances, une grève qui a tout de même duré quelques jours.

A. O. T.