Dans cet entretien, le P/APC de Draâ Ben Khedda fait un large tour d’horizon des projets inscrits pour sa municipalité et aborde différents sujets qui le préoccupent.
La Dépêche de Kabylie : Commençons si vous le voulez bien par un état des lieux de la situation dont vous avez hérité à votre prise de fonction…
Mohamed Sbahi : Disons tout simplement que la situation n’était pas réjouissante. Je dirai même qu’elle était lamentable ! A cause d’innombrables problèmes de gestion qui n’ont pas été pris en charge à temps, l’anarchie s’était installée depuis des années, au fur des différents mandats. C’est une accumulation de problèmes de tous ordres, et les solutionner n’est pas possible d’un seul coup.
Quelles furent justement les premières décisions que vous avez prises ?
L’urgence première était de s’attaquer aux baraques construites illicitement (commerce informel). Nous avons pris, rapidement, en charge le problème. Une stratégie a été mise en place, celle de communiquer avec les concernés, des jeunes pour la plupart, que nous avons écoutés d’une oreille attentive et que nous avons pu convaincre. Nous avons démoli environ soixante-dix baraques dans le périmètre de Draâ Ben Khedda. Une trentaine de ces jeunes ont été recrutés pour s’occuper uniquement de la voirie.
Parlons du dossier RHP (résorption de l’habitat précaire)…
C’est un dossier qui date de 2007. Nous l’avons étudié avec soin. Un recensement avait été fait par mon prédécesseur et il fallait le faire aboutir. Draâ Ben Khedda a reçu 248 unités au niveau du chef-lieu de la commune et 50 sur 70 au village Aïn Faci, à la sortie Sud de Draâ Ben Khedda. Le dossier avance bien et d’ici la fin de l’année, ceux d’Aïn Faci seront réceptionnés. Quant à ceux du chef-lieu, nous procéderons à la prise en charge des accès, de l’électrification et du gaz. Un nouveau contrôle a déterminé le rejet d’une vingtaine de dossiers (fichier national). Une nouvelle liste de nouveaux bénéficiaires remplaçants sera prochainement affichée.
Le logement social ?
Des brigades de contrôle et d’enquêtes sont installées et j’attends le feu vert du wali pour entamer les procédures. Dans deux mois, nous procéderons à l’élaboration des listes des bénéficiaires. Il y a 1 200 logements à attribuer à partir de Janvier 2017 et nous avons plus de 5 000 postulants. Nous ferons de notre mieux pour satisfaire ceux qui sont le plus dans le besoin.
Si l’électrification ne pose pas problème au niveau de la commune, ce n’est pas le cas pour l’AEP avec les coupures et les fuites ?
La gestion de l’eau n’est pas du ressort de l’APC. Elle incombe exclusivement à l’ADE. Si nous constatons une fuite ou une défaillance de distribution, nous saisissons la direction concernée pour y remédier. Autrement, tous les foyers sont alimentés, à l’exception de nouvelles constructions à Mouldiouane et Féraoun où des extensions se font. A ce sujet, j’ai saisi l’APW pour la prise en charge de 6 nouvelles habitations à Mouldiouane.
Les travaux d’aménagement du boulevard colonel Amirouche trainent en longueur… Pourquoi ? *
Un trottoir a été aménagé et il nous reste l’autre côté qu’il nous faut inscrire en PCD. Ce n’est pas un secret, les enveloppes sont revues à la baisse, politique d’austérité oblige. 1, 2 milliard au lieu des 4 initiaux. Cela nous oblige à procéder par priorités absolues. Nous recensons les urgences et tenons des réunions avec l’exécutif qui a arrêté un certain nombre de mesures d’urgence.
La gestion de l’environnement à travers la commune est très préoccupante. Qu’est-ce qui est prévu pour améliorer la situation ?
En 2014, nous avons eu le Prix Aïssat Rabah de la commune la plus propre. A notre niveau, un travail a été fait et continue à se faire. Je ne dirai pas que c’est bon, car il reste beaucoup à faire dans ce domaine. Des points noirs sont connus mais l’APC n’a pas les moyens ni en personnel ni en matériel. Nous reconnaissons ces insuffisances, mais elles sont indépendantes de notre volonté et nous œuvrons à améliorer les choses en interpelant l’administration à tous les niveaux de la hiérarchie.
Le secteur de la culture est quasiment inactif ! La salle de cinéma fermée, le centre culturel fonctionne conjoncturellement, la bibliothèque manque de manuels, le comité de fêtes inexistant… Que se passe-t-il ?
Le comité des fêtes, il est vrai, n’active plus. Il est relayé par des comités de quartiers qui font de leur mieux. La salle de cinéma Le Hoggar a été déjà réhabilitée par nos soins, mais les activités y manquent en effet. Nous avons prévu une réunion avec le responsable du complexe culturel et sportif auquel elle est rattachée. Nous avons décidé de désigner un responsable qui s’occupera de la salle de cinéma. Il sera le seul et unique responsable et se chargera des programmes. Le complexe culturel et sportif Yahia Bacha a fait l’objet d’une étude. Des fiches techniques sont évaluées à plus de 2 milliards de centimes pour sa réhabilitation, notamment l’étanchéité qui pose le plus grand problème et l’équipement qui interviendra. Une commission est à l’œuvre. La bibliothèque communale continuera à fonctionner dans les normes et sa dotation en manuels se fait progressivement et selon les moyens financiers de l’APC. La maison de jeunes connaitra, dans les prochains jours, son épilogue avec le relogement des policiers qui l’occupent. La DJS prendra en charge tous les travaux de réhabilitation et d’entretien, ainsi que sa dotation en matériel.
Qu’en est-il des locaux professionnels d’Aïn Faci et autres locaux réservés aux jeunes ?
Concernant les box à la sortie Ouest de la ville, au niveau du pont de Bouguedoura, nous attendons toujours la SDC qui tarde à placer les câbles pour leur électrification ainsi que ceux qui sont derrière l’hôtel Les deux palmiers, à la cité Hamouma. Il y a là 62 locaux, 38 ont déjà été attribués et le reste accueillera ceux qui exercent dans les baraques et travaillent illicitement. Pour les locaux d’Aïn Faci, c’est un programme présidentiel. Une quarantaine est en dégradation totale. Nous mettrons en demeure leurs bénéficiaires qui refuseront de les rejoindre. Ils seront remplacés par des jeunes qui veulent travailler.
Le mandat tire à sa fin. Vous avez pensé à présenter votre bilan ?
Le bilan est en phase de préparation et au moment opportun, je vais le présenter à la population, probablement au 1er semestre 2017.
De nouveaux projets pour la commune ?
Nous avons déjà en chantier les tribunes du stade Kaci Ali qui demandent 4,2 milliards, des aménagements autour du périmètre urbain, la place 8 Mai 1945 et le marché couvert R +2 qui est en phase de réhabilitation entre autres.
Allez-vous vous représenter ?
Après la présentation du bilan, la décision reviendra aux militants de mon parti et aux citoyens.
C’est votre conclusion ?
Notre mission est difficile. Les APC connaissent de nombreux problèmes qui se sont accumulés. Nous en réglons le maximum mais il en reste beaucoup. Nous ne travaillons pas pour plaire, mais par devoir et selon notre conscience. Je tiens pour finir à demander aux citoyens de préserver leur environnement. L’adhésion de tous est indispensable dans tous les domaines !
Entretien réalisé par M. A. Tadjer.

