À l’approche des échéances électorales, la grogne semble gagner la maison FLN de Tizi-Ouzou, et rend au grand jour une cassure dans ses rangs. En effet, des militants dont des cadres haussent le ton et demandent carrément le départ du Mohafedh et non moins vice président à l’APN, Said Lakhdari, à qui ces derniers reprochent de privilégier le «copinage et le clientélisme» au détriment des compétences du parti. «On arrive plus à le supporter donc on est venus dire aujourd’hui «Barakat !». Il doit partir de son poste de Mouhafidh(…) Nous avons soutenu ce bonhomme malgré les différentes défaillances qu’il avait commises depuis longtemps mais par la suite, il a privilégié la médiocrité et le copinage par rapport aux vraies compétences (…) Normalement, on doit passer le flambeau à la jeunesse, comme appelle souvent notre parti(…). Malheureusement, ce n’est pas ce qui se fait actuellement. Je peux vous le dire et j’assume cette responsabilité, c’est qu’au niveau des listes électorales qu’il fait actuellement, il privilégie l’argent. Il y a des gens qui deviennent élus par le biais de notre parti alors qu’ils n’ont ni compétences, ni savoir, ni militantisme», martelle M. Rabah Anane, cadre du FLN parmi les meneurs de cette contestation, en marge d’un sit-in organisé devant la Mouhafadha de Tizi-Ouzou. Et d’ajouter :«Actuellement, la Mouhafadha de Tizi-Ouzou a le moins d’adhérents à l’échelle nationale, et cela lui a été reproché par l’ex secrétaire général du FLN, M. Saâdani, et le frère Ould Abbas qui l’a reçu hier lui a fait aussi des reproches». M. Anane, ne mâche pas ses mots. Il accuse son vis à vis de «mensonges et de diffamation». «Le secrétaire général du FLN l’a reçu hier et lui a demandé le nombre d’adhérents à la Mouhafadha de Tizi-Ouzou, Lakhdari lui a répondu qu’il en comptait 4860, le chargé de l’organique, présent sur place, a répliqué : Vous n’avez que 1000 monsieur Lakhdari ! Il falsifie même les chiffres, c’est un menteur et on ne peut pas travailler avec un menteur». M. Lahcène, un autre cadre du parti, de son côté a soutenu que «le FLN avait une place importante dans la région avant l’arrivé de Lakhdari. Depuis son arrivée, le FLN a connu un déclin et a vu fuir beaucoup de militants. Ils ont compris qu’avec ce Mohafedh, c’est le copinage et les intérêts, donc l’argent. Il a privilégié tout cela par apport aux constantes du FLN». «Notre démarche est légale, on est là pour lui parler, il y a les chefs de Kasmas qui sont là et prêts à signer pour son départ mais malheureusement il n’est pas là», a-t-il indiqué. Il est à noter que le groupe d’opposants ne compte pas s’arrêter là. En effet, la prochaine action, ils la prévoient à Alger au niveau du bureau national du parti, révèlent-ils. «On a envoyé une déclaration au bureau national, ils connaissent le problème, seulement lui, il leur fait miroiter autre chose, du genre, ça se passe bien à Tizi-Ouzou, je maîtrise la situation, vous savez que c’est une région frondeuse… La semaine prochaine, on va se déplacer avec les militants à Alger pour demander son départ». «J’ai le soutien de 21 Kasmas sur 22», se défend Saïd Lakhdari De son côté, Saïd Lakhdari, contacté par nos soins, positive et considère que la rébellion au sein de son parti est «un signe de bonne santé démocratique». «Ils ont le droit de s’exprimer, malheureusement au lieu de le faire dans les structures du parti, ils ont choisi la rue». «Apparemment, ce sont des militants de la Kasma de Tizi-Ouzou, donc cette dernière va leur répondre», ajoutera-t-il. Concernant la revendication de son départ, le Mohafedh de Tizi-Ouzou dira : «J’ai été élu lors d’une assemblée générale, et il n’y a que cette assemblée qui peut demander mon départ. Et je le ferai sans hésiter si celle-ci le demande». «Ces gens doivent savoir que la Mohafadha de Tizi-Ouzou est composée de 22 kasma, dont 21 me soutiennent sans réserves». S’agissant des accusations de diffamation et de mensonges que le groupe d’opposants a proféré à son encontre concernant le nombre d’adhérents de la Mohafadha de Tizi-Ouzou, M. Lakhdari a précisé : «Lors de la réunion, on m’a demandé le nombre de cartes distribuées et j’ai répondu que jusqu’au 15 novembre dernier, on a distribué 4113 cartes, et le chiffre est vérifiable».
Kamela Haddoum.
