Il y a des métiers artisanaux qui résistent au temps et à l’industrialisation, tous azimuts, laquelle a fait « disparaître » beaucoup d’anciens métiers. Parmi ces métiers qui tentent de survivre aux temps modernes, on trouve les artisans aiguiseurs de couteaux. Ils ne sont pas, en revanche de la région, mais nous viennent des profondeurs de notre grand désert, précisément de Tamanrasset. Vendredi dernier, l’arrivée de deux artisans-aiguiseurs au village d’Ath Hamdoun (10 kms du chef-lieu d’Aghbalou) a « créé » l’événement avec son caractère un peu spécial. En effet, ces deux artisans ont élu domicile à la place du village pour s’adonner à leur métier sous le regard curieux des habitants, lesquels ont été agréablement surpris par ces deux jeunes venus du sud algérien qui exercent un métier ancien celui d’aiguiser les ustensiles tranchants, tels que les couteaux, les haches, les couperets, les machettes, les scies,…Et comme nous sommes en pleine campagne de cueillette des olives, la venue de ces « aiguiseurs » dans cette localité était tombée à pic puisque beaucoup de villageois utilisent les outils à lames pour tailler, couper du bois,…Munis d’une bonbonne de gaz butane, d’un chalumeau, de deux petits enclumes et d’autres outils de travail (martelettes, pinces, limes,…) les deux compères, en plus de rendre acérés les différents matériels comme les couteaux, les haches,…confectionnaient, également, des couteaux artisanaux en acier. Ces couteaux artisanaux n’ont rien à envier à ceux fabriqués dans les usines tellement ils sont résistants et de bonne qualité. D’habitude, les aiguiseurs, on les voit dans les lieux publics à l’approche de la fête de l’Aïd El-Adha, sillonnant les localités de la vallée du Sahel, entre autres, car à cette période la demande sur les couteaux et autres couperets explose littéralement. L’aiguisage des lames usées devient aussi très demandé par les ménages qui voudraient garder encore plus longtemps leurs outils tranchants pour ne pas en acheter d’autres qui leur coûteraient les yeux de la tête. En tout cas, la venue de ces artisans aiguiseurs, très courtois au demeurant et qui gagnent honnêtement leur vie, n’était pas passé inaperçue.
Y. S.

