Campagne d’oléiculture – Déjà les premiers accidents…

La campagne de ramassage d’olives qui vient de démarrer, bien que partiellement, depuis le week-end passé, a déjà fait ses premières victimes. En effet, quatre blessés légers, en totalité des femmes qui ont fait des chutes du haut des oliviers, ont été enregistrés au niveau du pavillon des urgences médicales de l’EPH de M’Chedallah. L’activité oléicole comporte de multiples dangers, notamment celui des chutes du haut des arbres et glissades en terrain incliné et en pente, notamment dans les communes de haute montagne, comme Saharidj et Aghbalou et à un moindre degré d’Ath Mansour et Ahnif. Ces accidents, dont certains sont mortels ou provoquant des séquelles handicapantes à vie, sont dus au manque du matériel adéquat, comme les échelles. Ces derniers coutent les yeux de la tête et sont hors de portée pour les petites et moyennes bourses. En effet, les prix de ces échelles oscillent entre 8 000 à 10 000 DA selon la longueur. Celui des filets à récoltes est cédé à 7 000 DA. Il faut savoir que les troncs et les branches des oliviers adultes restent, durant toute la saison humide, visqueux et extrêmement glissants, ajouté à la fragilité des branches chargées d’olives, d’où les risques de chute au moindre relâchement de vigilance. Les glissades sont dues aux verglas et la givre qui sévissent durant toute cette saison, notamment en région montagneuse aggravées par l’humidité par temps brumeux.

Manque flagrant de moyens de prise en charge

Au niveau de l’hôpital de M’chedallah, dont la circonscription s’étend sur deux daïra M’Chedallah et Bechloul, les moyens d’accueil et de prise en charge de ce genre d’accidentés se résument à un seul orthopédiste. Ce spécialiste assure les gardes deux jours par semaine, en plus des consultations qu’il assure au niveau des polycliniques relevant de l’EPSP. Il existe aussi un spécialiste privé conventionné avec l’EPH, pour une population qui frôle les 150 000 habitants des deux daïras. À cela, vient s’ajouter les accidentés des régions limitrophes. Les deux orthopédistes n’interviennent que sur les cas graves qui ne peuvent être évacués ailleurs, et ce, à cause de la disponibilité d’une seule et unique salle opératoire. D’où les évacuations systématiques des accidentés vers les services de traumatologie de Tizi-Ouzou ou d’Alger. Notons pour conclure que les statistiques de ces cinq dernières années, au niveau du service des urgences, font ressortir une moyenne d’une douzaine d’accidentés par jour, durant la campagne d’oléiculture laquelle s’étale sur quatre mois, soit du début décembre à fin mars. Un cas qui appelle à un renforcement durant cette saison des moyens médicaux, tant humains que matériels.

Oulaid Soualah