Sous un soleil printanier, avant-hier au village Ath Sidi Maâmar, sur la périphérie du chef-lieu, enfants, femmes et hommes, de tous âges et vêtus de leurs plus beaux habits, commencèrent à affluer, dès la matinée, vers le mausolée « Thamâmarth, pour célébrer le fête du Mawlid Ennabaoui . L’endroit, un peu isolé des deux rives de ce village, était déjà drapé des couleurs nationales. Un groupe de vieux entonnait des chants religieux et recevait les offrandes qui fusaient des mains des centaines de visiteurs. Bien que le chemin qui mène audit mausolée soit étroit, les organisateurs trouvèrent de la place pour tout le monde. En tout cas, c’était une ambiance de fête, même si les petits bambins ne cessaient pas de faire éclater des pétards au passage de jeunes filles. Les sentiers, les chemins muletiers et ceux bétonnés grouillaient déjà de monde vers onze heures. «Dans l’après-midi, l’affluence sera encore plus grande, car toutes les femmes auront terminé leurs travaux ménagers. Et puis, ceux qui viennent des autres régions du pays, à savoir Alger, Blida, Bouira, Boumerdès ou d’autres, ne sont pas encore arrivés», expliquera un habitant dudit village. « Anusuf Yiswen ! Soyez les bienvenus ! », dira M. Belkacem Belabdi, président du comité de village à l’adresse des visiteurs. «Vous êtes ici à Thamâmarth n’Ath Sidi Maâmar. C’était une petite zaouïa où,; dans le temps, venaient des jeunes pour apprendre le Coran. Certes, elle a été rafistolée au fil des années, mais elle garde toujours son architecture. Bien avant le déclenchement de la révolution, elle recevait des dizaines de fidèles. Elle servait aussi de salle de prière. Mais, ces derniers temps, nous avons construit une mosquée. Et celle-ci, garde toujours son statut de mausolée», expliquera-t-il. Interrogé sur la célébration du Mouloud dans ce mausolée, il révélera que cette fête religieuse était célébrée dans ce lieu depuis les années 40. «Cette fête n’avait été interrompue que durant la guerre de libération nationale. Sinon avec l’avènement du terrorisme, nous n’avons cédé à aucune pression. Nous continuerons à la célébrer non seulement pour marquer chaque année la naissance de notre prophète Mohamed QSSSL, mais aussi parce que c’est une occasion pour tout le monde de se rencontrer et de partager un couscous dans la convivialité», enchaînera-t-il. Peu avant midi, les premiers invités étaient conviés à déguster un couscous à la viande, alors que les vieux du village avaient déjà collecté une somme importante grâce aux offrandes des visiteurs. «Nous avons préparé environ mille deux cents parts de viande. La préparation de la fête du Mouloud commence un mois à l’avance. Après l’assemblée générale, nous commençons les préparatifs, c’est-à-dire, nous désignons les organisateurs et les cuisiniers. Tout ce qui est préparé est prévu par le comité. Pour cette année, nous avons acheté de la viande, en plus des dons des villageois. De leur côté, les femmes rouleront le couscous. En tout cas, tout se passe dans de bonnes conditions. C’est le moment le plus festif et le plus animé dans notre village», conclura le président du comité de village. Il est à relever cette hospitalité singulière chez les habitants de ce village, niché dans ce bout de terre rocailleux.
Amar Ouramdane
