Depuis maintenant une année, les élèves de l’école primaire du village Sanana travaillent dans des conditions des plus lamentables. Les familles recasées après les fortes chutes de neige sont toujours là, comme si elles devraient rester là éternellement. Le chef de l’établissement nous a appris que la situation s’est dégradée encore plus ces derniers temps. « Les élèves et les enseignants sont pris en otage par cette situation qui ne voit pas encore le bout du tunnel », a-t-il ajouté. Des logements revenant de droit aux enseignants sont occupés. Dans notre virée sur les lieux, nous avons constaté que des personnes âgées se mêlent au quotidien aux petits chérubins de l’école. D’ailleurs, il est impossible de dire « qui est qui » ? Notre interlocuteur nous a signalé que ce problème a été exposé à tous les responsables. Au début de l’année, les parents d’élèves ont essayé de fermer l’établissement. Sur des promesses qui leur ont été faites de trouver un moyen, la situation semblait se dénouer. Cependant, nous ont signalé quelques parents d’élèves, rien n’a été fait dans ce sens. Pour le chef de l’établissement, ce problème a beaucoup influé sur le rendement du personnel qui se trouve dérangé dans sa mission. Certes, ces familles ne devraient pas être jetées à la rue, mais l’on se demande pourquoi encore, les plans ORSEC communaux, pourtant préparés à l’avance, ne prévoient-ils pas tous ces cas ? Au demeurant, les autorités doivent mettre de côté un quota de logements qui sera fermé et réservé pour des personnes qui seraient touchées par des catastrophes naturelles (séismes, inondations, incendies). Si cette école vit ce problème depuis une année, d’autres espaces, tels les locaux du Croissant-Rouge, sont toujours eux aussi occupés. « Les familles recasées dans ce site ne veulent pas quitter les lieux. On leur a même promis des tentes. Les autorités sont inertes », nous a confié à ce sujet, le président du C-RA local. Et d’enchaîner : « Cela nous a beaucoup perturbés. Nous n’avons pas pu appliquer notre programme. Toutes nos activités sont à l’arrêt ». Effectivement, quand tout le monde tombe dans la facilité, il n’est pas facile de trouver des solutions à des problèmes qui auraient pu être résolus au moment même où ils se sont posés.
Amar Ouramdane
